Algérie : un journaliste condamné à un an de prison dont six mois ferme

Le journaliste algérien Rabah Karèche, incarcéré depuis mi-avril, a été condamné pour diffusion de "fausses nouvelles". 

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Manifestation devant le siège du journal "Liberté" à Alger pour la libération de Rabah Kareche, le 25 avril 2021. (- / AFP)

"Le journaliste et correspondant de Liberté à Tamanrasset, Rabah Karèche, a été condamné, ce lundi 11 octobre, par la Cour de Tamanrasset, à une année de prison dont six mois avec sursis, avons-nous appris de la défense de notre collègue. Rabah Karèche devra quitter la prison dans une semaine, après avoir purgé sa peine", annonce le quotidien Liberté.  Le journaliste algérien Rabah Karèche, incarcéré depuis mi-avril, a été condamné pour diffusion de "fausses nouvelles", a indiqué son avocate à l'AFP. Rabah Karèche "sera libéré dans cinq jours", date à laquelle il aura purgé la totalité de sa peine en tenant compte de sa détention provisoire pendant la durée du procès, a précisé l'avocate.

"Nous sommes choqués par ce verdict. Il n'a rien fait. Il a simplement relaté des faits. C'est une décision qui ne s'explique pas judiciairement"

Zoubida Assoul, avocate

à l'AFP

"Atteinte à la sûreté et l'unité nationale"

Lors de son procès en appel, le 4 octobre devant la cour de Tamanrasset (sud), le parquet avait requis 18 mois de prison ferme contre le journaliste du quotidien Liberté. Rabah Karèche était poursuivi notamment pour "diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d'attenter à l'ordre public". Il lui est également reproché la "création d'un compte électronique consacré à la diffusion d'informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société" et d'avoir porté "atteinte à la sûreté et l'unité nationale". En première instance, le journaliste avait été condamné le 12 août à un an de prison, dont huit mois ferme, par le tribunal de Tamanrasset.

Rabah Karèche a été inculpé et écroué le 19 avril après avoir publié, dans son journal et sur sa page Facebook, le compte-rendu d'un mouvement de protestation des Touaregs, minorité berbère locale.

Liberté de la presse

Plusieurs journalistes algériens sont actuellement en détention, parmi lesquels Mohamed Mouloudj, également du quotidien Liberté, inculpé et écroué à la mi-septembre pour "appartenance à une organisation terroriste" et "diffusion de fausses informations".

"Le recul de la liberté de la presse dans mon pays est quelque chose qui me choque et m'attriste"

Zoubida Assoul, avocate

à l'AFP

L'Algérie occupe la 146e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Le pays a dégringolé de 27 places depuis 2015.

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