RDC : l’évasion presque ordinaire de 105 détenus d’une prison dans le centre du pays

La situation carcérale est dramatique en République Démocratique du Congo, où les évasions et tentatives d’évasion sont très fréquentes.

Des détenus dans la prison centrale de Makala dans la capitale Kinshasa.
Des détenus dans la prison centrale de Makala dans la capitale Kinshasa. (JUNIOR D. KANNAH / AFP)

Plus de 100 prisonniers se sont fait la belle début janvier 2020 dans une prison de Kabinda dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), selon l’agence turque Anadolu qui cite une source officielle locale.

La fuite

C’est jeudi dernier (2 janvier 2020), en fin d'après-midi, que "plus de la moitié des prisonniers, soit 105 au total, ont quitté la prison sans faire l'objet d'aucun contrôle", a déclaré à l'agence Anadolu, Joseph Kazadi, le maire de Kabinda, capitale de la province de Lomami (centre).

Les détenus avaient profité de l’absence des policiers "partis inhumer discrètement un détenu mort de faim", comme le précise le maire qui rajoute qu'un "couvre-feu" a été décrété dans la ville pour retrouver les évadés.

Famine et surpopulation

Ce n’est pas la première fois que des détenus congolais s’échappent de prison. Il faut dire que les conditions de détention en RDC sont particulièrement déplorables. Dans la plupart des centres pénitentiaires, les prisonniers dorment par terre et ne sont ni nourris, ni soignés. Plusieurs dizaines de prisonniers sont morts de faim et des suites de maladies, comme le rapporte Amnesty international.

La surpopulation et l’état vétuste des infrastructures sont un problème majeur. A titre d’exemple, dans la prison de Kambinda (centre), plus de 300 personnes utilisent une seule toilette, comme l’a confirmé Godefroid Kamongo, président de la société civile locale, à l’agence Anadolu.

L’avocat belge et membre de l’ONG Avocats sans frontières, Bruno Langhendries, qui a pu se rendre dans plusieurs établissements pénitentiaires en 2019, juge la situation "catastrophique", comme le rapporte le quotidien belge La Libre Afrique.

Dans ce contexte, les évasions massives sont fréquentes dans le plus grand pays d’Afrique francophone. Le ministère de la Justice a annoncé récemment un plan de désengorgement des prisons, mais c’est loin d’être suffisant pour régler le problème.