RDC : les projets pétroliers de Kinshasa sont "catastrophiques" pour l’environnement, selon Greenpeace

L'ONG se dit très inquiète pour les communautés villageoises et le climat mondial.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Forêt de mangrove dans le sud-ouest de la République Démocratique du Congo, menacée par les projets pétroliers et gaziers. le 24 octobre 2021. (ALEXIS HUGUET / AFP)

Inquiétude pour la forêt tropicale congolaise, second poumon de la planète après l'Amazonie. En présence des multinationales du secteur, le président Félix Tshisekedi a lancé le 28 juillet 2022 les appels d'offres pour l’attribution aux enchères de 27 blocs pétroliers et 3 gaziers couvrant une zone de plus de 240 000 km² qui empiète sur plusieurs régions forestières et parcs nationaux. 

Selon le ministère des Hydrocarbures, la République démocratique du Congo (RDC) dispose de ressources pétrolières estimées à environ 22 milliards de barils de pétrole et 66 milliards de m3 de gaz méthane dans le lac Kivu, situé à la frontière avec le Rwanda. Ce qui pourrait hisser le pays au premier plan des grands producteurs de pétrole et de gaz.

Le pétrole et le gaz plutôt que les forêts

"Je rassure ici nos partenaires sur notre détermination à mener des travaux d'exploitation et d'exploration à l'aide des moyens technologiques les plus modernes qui protègent l'environnement, la faune et la flore et préservent les écosystèmes ainsi que les équilibres écologiques", a déclaré le président congolais lors du lancement officiel de cet appel d'offres à Kinshasa, la capitale de la RDC. 

L’organisation environnementale Greenpeace n’a pas été rassurée par ces propos. Elle se dit très inquiète, pour la forêt tropicale congolaise et plusieurs parcs nationaux classés au patrimoine mondial. L’ONG appelle Kinshasa à revenir sur ce plan aux conséquences "catastrophiques" (lien en anglais) pour l'environnement. Dans des lettres envoyées aux compagnies pétrolières, Greenpeace assure que le plan du gouvernement congolais menace les communautés villageoises, la biodiversité et le climat mondial. "Cette vente aux enchères massive à laquelle les communautés locales s'opposent farouchement − chevauche des tourbières et plusieurs zones protégées", dénonce l'ONG. 

La cuvette centrale est un complexe riche en tourbières, en biodiversité" qui "contient environ 30 gigatonnes de carbone, soit l'équivalent de trois ans d'émissions mondiales de CO2"

Greenpeace

Communiqué

"La malédiction du pétrole"

"Cette vente aux enchères ne se contente pas de tourner en dérision l'image de la RDC en tant que solution à la crise climatique, elle expose les Congolais à la corruption, à la violence et à la pauvreté qui accompagnent inévitablement la malédiction du pétrole", a indiqué Irène Wabiwa, déclare Irène Wabiwa, chef de projet international pour la campagne sur les forêts du Bassin du Congo à Greenpeace Afrique.

Plus de 100 000 personnes ont signé une pétition demandant au président Félix Tshisekedi, de mettre fin à l’exploitation de nouveaux champs pétroliers et gaziers dans le pays.

La décision de la RDC intervient cinq mois après la signature d'un accord de financement de protection des forêts congolaises à hauteur de 500 millions de dollars lors de la COP26, a déploré par ailleurs Greenpeace.

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