«RDC: la crise de l’ombre», une exposition du HCR au Prix Bayeux

Présentée jusqu'au 4 novembre 2018 dans le cadre du Prix Bayeux, l’exposition de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, «République Démocratique du Congo: la crise de l’ombre», confronte les regards de deux photographes. Colin Delfosse et Michele Sibiloni vont à la rencontre de populations meurtries par la violence, obligées de fuir et de trouver refuge dans des camps humanitaires.

Au début de l’année 2018, les violences interethniques dans la province du Tanganyika, au sud-est du pays, ont poussé 630.000 personnes à fuir, selon le HCR. Dans le camp de Katanika, 50.000 personnes s’entassent dans des conditions de vies difficiles. «Il y a la faim, la maladie, le paludisme et l’anémie. Le toit de ma hutte fuit. Ça se voit, le sol est encore mouillé», raconte un réfugié. La RDC est le pays d’Afrique qui compte le plus grand nombre de déplacés internes avec plus de 4,5 millions de personnes.

L’exposition aborde ensuite le problème de l’arrivée massive de réfugiés des pays limitrophes en RDC, un pays très pauvre: 40.000 Burundais et 80.000 Sud-Soudanais ont traversé la frontière.
 
Le photographe Colin Delfosse s’est ensuite rendu dans des camps en Angola, principalement à Dundo, la capitale de la province de Luanda Norte, au nord-est du pays. Là, des milliers de Congolais se sont réfugiés pour fuir les combats au Kasaï.
 
«Pendant des dizaines d'années, la province du Kasaï, au sud de la RDC, a été relativement épargnée par les conflits qui sévissaient à l’est du pays. En 2016, des tensions locales se sont mutées en un conflit affectant 9 des 26 provinces de RDC, en raison de combats ou de déplacements internes. (…) Ce conflit brutal a déjà déplacé plus d’un million de civils dans le pays. Plus de 11.000 réfugiés ont été contraints de fuir vers l’Angola», explique le HCR.
 
La dernière partie de l’exposition nous montre le travail du photographe Michele Sibiloni sur les réfugiés de RDC de plus en plus nombreux à chercher la sécurité en Ouganda. Car «entre la fin de l'année 2017 et le début de l'année 2018, des dizaines de milliers de Congolais ont traversé le lac Albert pour trouver la sécurité en Ouganda, suite à la reprise des violences dans la province d'Ituri. Aujourd’hui, l’Ouganda protège et abrite plus d’un million de réfugiés de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud et maintient une politique de portes ouvertes aux personnes qui ont fui les conflits et les persécutions», précise le HCR.
 
«Le nombre de personnes déracinées de force dans le monde a atteint fin 2017 le chiffre record de 68,5 millions, dont 52% d’enfants de moins de 18 ans. Selon le dernier rapport de juin 2018 du Haut-Commissariat aux réfugiés, en Afrique, les conflits en RDC, au Soudan du Sud et en Somalie ont fortement contribué à augmenter le nombre de réfugiés et de déplacés internes», ajoute Géopolis.
 
Le HCR travaille régulièrement avec des photographes à travers le monde pour faire la lumière sur des crises humanitaires oubliées. 12 photos de Colin Delfosse et Michele Sibiloni illustrent ce propos.

112
Colin Delfosse/UNHCR
212
Colin Delfosse/UNHCR
312
Colin Delfosse/UNHCR
412
Colin Delfosse/UNHCR
512
Colin Delfosse/UNHCR
612
Colin Delfosse/UNHCR
712
Colin Delfosse/UNHCR
812
Colin Delfosse/UNHCR
912
Colin Delfosse/UNHCR
1012
Michele Sibiloni/UNHCR
1112
Michele Sibiloni/UNHCR
1212
Michele Sibiloni/UNHCR