Cet article date de plus de deux ans.

On vous explique la crise entre le Rwanda et la République démocratique du Congo

La résurgence dans le Nord-Kivu, dans l'est du Congo, d'un ancien groupe armé, le M23 a ravivé les tensions entre les pays voisins. 

Article rédigé par franceinfo Afrique
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des soldats congolais patrouillent dans la zone de Kibumba, qui avait été attaquée par des rebelles du M23 près de la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 1er juin 2022. (GUERCHOM NDEBO / AFP)

Le M23, ancien groupe rebelle défait il y a une dizaine d'années, a repris les armes multipliant les attaques dans le Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda, une région riche en minerais. La résurgence du Mouvement du 23 mars a provoqué une nouvelle crise entre la République démocratique du Congo et son voisin rwandais.

Le territoire de Rutshuru, dans l'est de la République démocratique du congo, à la frontière avec le Rwanda. (GOOGLE MAPS)

Que s'est-il passé ?

La tension est montée progressivement dans le Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une région frontalière avec le Rwanda. Une rébellion, défaite depuis 2013, a ressurgi à la fin de l’année dernière et multiplié les attaques contre des positions de l'armée dans le territoire de Rutshuru. Depuis, des affrontements ont lieu sporadiquement entre le mouvement et l’armée congolaise. Des vagues de violences se succèdent en mars puis en mai obligeant des dizaines de milliers de civils à fuir.

"Selon les dernières estimations compilées par les organisations humanitaires et les autorités territoriales, plus de 117 000 personnes ont été déplacées depuis que les violences ont éclaté en mars dernier."

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)

Qui sont les rebelles du M23 ?

Essentiellement composé d’anciens soldats de l'armée congolaise de la minorité ethnique tutsi, ce mouvement avait beaucoup fait parler de lui il y a une dizaine d’années. Soutenu à l’époque par le Rwanda et l’Ouganda, il avait pris le contrôle de grandes provinces du Nord-Kivu avant d’être défait par l’armée congolaise. La plupart des rebelles avaient trouvés refuge dans les pays voisins. La soudaine résurgence du groupe et ses attaques dans l'est de la RDC, riche en minerais, ont ravivé d'anciennes tensions avec le Rwanda, accusé régulièrement de mener des incursions sur le territoire congolais. Kigali est de nouveau pointé du doigt.

"Aujourd'hui c'est clair, il n'y a pas de doute, le Rwanda a soutenu le M23 pour venir agresser la RDC"

Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo

Déclaration du 5 juin lors d'une visite à Brazaville

Pourquoi c'est grave ?

Le Rwanda nie toute implication mais la récente flambée de violences a ravivé les tensions provoquant une nouvelle crise dans la crise. 
Cette escalade dans le nord-est de la RDC envenime une situation déjà particulièrement compliquée. Plus de cent groupes armés sévissent, en toute impunité, dans cette région en proie aux violences depuis plus de 25 ans. Les autorités congolaises ont lancé récemment des pourparlers avec certains de ces groupes pour tenter de trouver une solution pacifique. Un pari loin d’être gagné sans la participation et la volonté des pays voisins, impliqués d’une manière ou d’une autre sur le territoire congolais.

La résurgence d’un groupe armé comme le M23 constitue une menace supplémentaire pour la paix dans une crise oubliée où la souffrance humaine se transmet de génération en génération. Plus de 5,5 millions de personnes sont déplacées en République démocratique du Congo, notamment dans l’est du pays.

"Le groupe armé M23 a été responsable d’innombrables atrocités par le passé et la reprise des combats dans le Nord-Kivu suscite de graves inquiétudes pour la sécurité des civils dans la région."

Thomas Fessy, chercheur principal pour la RDC à Human Rights Watch

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.