Le "Monsieur Afrique" de Donald Trump, VRP des sociétés américaines

Lors de sa tournée sur le continent, le sous-secrétaire d’Etat en charge des questions africaines Tibor Nagy a notamment proposé une alternative au "modèle chinois", en matière de partenariat commercial.

Le sous-secrétaire d\'Etat aux Affaires africaines, Tibor Nagy,  à Addis Abeba en novembre 2018, lors de sa première tournée sur le continent. 
Le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires africaines, Tibor Nagy,  à Addis Abeba en novembre 2018, lors de sa première tournée sur le continent.  (EDUARDO SOTERAS / AFP)

Depuis sa nomination en mai 2018, Tibor Nagy a la lourde de tâche de renforcer les liens de l'Amérique avec l’Afrique y compris les liens commerciaux. Et sur ce point, la concurrence est rude puisque la majorité des contrats et des partenariats sont signés avec la Chine. Plus de 10 000 sociétés chinoises font actuellement des affaires sur le continent, rapportant environ 180 milliards de dollars par an, selon le cabinet de conseil McKinsey.

Business à l’américaine

Lors de sa deuxième tournée en Afrique qui l’a mené en Ouganda, au Rwanda, en République démocratique du Congo et pour finir le 18 mars au Cameroun, le diplomate américain a proposé un contre-modèle à la Chine en Afrique. Il serait, selon lui, plus avantageux pour les pays subsahariens. Timor Nagy met en avant le système de financement en fonds propres (equity financing). Il donne pour exemple la construction d’une raffinerie en Ouganda par une société américaine, selon ce modèle qui, d’après lui, ne générait pas de dettes pour le pays.

Le modèle chinois c’est : vous apportez un contrat, vous signez, et nous, les pays africains, nous devons à la société cinq milliards de dollarsTigor Nagy, sous-secrétaire d'EtatA Kinshasa, le 15 mars 2019

Des entreprises et "des jobs"

Le "Monsieur Afrique" de l’administration Trump met aussi en avant les atouts des sociétés américaines "qui apporteront des jobs", "ne participent pas à la corruption", vont faire "un transfert de technologies" tout en restant "très, très attentives à l’environnement". Il s’agit d’entreprises privées, contrairement aux entreprises chinoises présentes en Afrique et souvent détenues à 100% par l’Etat, comme le souligne l’AFP.

L’émissaire de Donald Trump dit souhaiter que les sociétés américaines s’installent sur le continent. "Je ne peux pas l’ordonner, mais je peux les encourager très fortement ", a affirmé Tibor Nagy lors de sa visite au Congo Kinshasa.

60 milliards de dollars

En octobre 2018, l’administration Trump a créé la Société de financement pour le développement international (IDFC), d’une valeur de 60 milliards de dollars. Son objectif est d'accroître les investissements américains dans les pays à faible revenu en Afrique et ailleurs. L'agence gouvernementale prévoit notamment de fournir aux entreprises américaines des prêts, garanties de prêts et des assurances risques pour les encourager à investir sur le continent. 

Ce même montant de 60 milliards de dollars avait été annoncé, un mois plus tôt, par le président chinois Xi Jinping, lors du sommet Chine-Afrique à Pékin. Un soutien comprenant 15 milliards "d'aides gratuite et de prêts sans intérêts". 

Avec des enjeux économiques énormes, l'Afrique attire aujourd'hui plus que jamais les partenaires commerciaux.