La République démocratique du Congo vit "l'une des pires crises humanitaires du 21e siècle", selon une ONG

Violences, exactions, déplacements rythment le quotidien de nombreux Congolais dans une sorte d'indifférence générale.  

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des habitants de Goma ayant fui devant l'éruption du volcan Nyiragongo attendent de se faire enregistrer pour obtenir de l'aide, le 25 mai 2021. (GUERCHOM NDEBO / AFP)

Depuis l'éruption du volcan Nyiragongo à Goma, on entend parler de la République démocratique du Congo, mais cette attention est "de courte durée", selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Dans son rapport annuel (lien en anglais), l’organisation indépendante déplore le manque d'attention accordée à l’un des plus grands pays d’Afrique pris dans une spirale infernale depuis de nombreuses années.

La crise oubliée

Des dizaines de milliers de Congolais ont été sommés à fuir la ville de Goma menacée par le volcan Nyiragongo. L’image de familles entières dans la rue n’est pas la première du genre dans ce pays. La République démocratique du Congo et notamment l’Est vit dans l’instabilité, l’insécurité et la précarité depuis de nombreuses années. Conflits, violences, viols et déplacements se multiplient sans cesse dans une sorte d’indifférence générale, comme le rappelle le Conseil norvégien pour les réfugiés. L’organisation indépendante parle de la crise la plus négligée au monde. 

"Des millions de familles au bord de l'abîme semblent être oubliées par le monde extérieur et sont laissées à l'écart de toute bouée de sauvetage"

Jan Egeland, secrétaire général du NRC

dans le Rapport annuel du Conseil norvégien pour les réfugiés

Peu de soutien international

Dans son rapport, l’ONG tire le signal d'alarme sur "les crises les plus négligées au monde". Son classement se fonde sur trois critères : la couverture des besoins humanitaires, le niveau de couverture médiatique et l'attention portée sur la scène diplomatique internationale. Et la RDC est malheureusement en tête du peloton. Un simple rappel des faits suffit à comprendre l’ampleur de la catastrophe. Dans l’Est, plus d’une centaine de groupes armés continuent de terroriser les civils. Des femmes sont violées de génération en génération, comme l’a souvent rappelé le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de le Paix en 2018. Les conflits perdurent dans l’impunité totale et le rapport Mapping de l’ONU, qui recense de nombreux crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de possibles crimes de génocide est dans les tiroirs depuis plus de dix ans.

"Les communautés congolaises ont souffert en silence, loin des projecteurs des médias et avec un soutien international extrêmement faible"

Jan Egeland, secrétaire général du NRC

dans le Rapport annuel du Conseil norvégien pour les réfugiés

Et l’aide dans tout ça ?

Dans ce silence assourdissant, les violences se poursuivent dans l’Est (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu) et avec elles leur lot de déplacés et de réfugiés. Chaque jour plus de 6 000 personnes sont obligées d’abandonner leurs foyers. Près de 20 millions de Congolais ont aujourd'hui besoin d'aide et de protection, selon le NRC. Les besoins humanitaires montent en flèche, mais le financement "continue de se tarir", précise l’ONG.

Avec d’énormes ressources naturelles, la République démocratique du Congo peut générer des milliards de dollars et n’aurait besoin d’aucune aide extérieure. Encore faut-il une volonté internationale et régionale pour ramener la paix et la stabilité nécessaires.

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