Elections en RDC : les Etats du sud de l'Afrique demandent un nouveau dépouillement

La Communauté de développement d'Afrique australe, qui comprend notamment l'Afrique du Sud, l'Angola ... et la République démocratique du Congo, a demandé un recomptage des voix de la présidentielle du 30 décembre 2018, dont le résultat partiel annoncé est contesté par une partie de l'opposition.

Les supporters de l\'opposant Martin Fayulu, candidat arrivé deuxième au scrutin présidentiel selon les résultats officiels, contestent l\'élection de l\'autre opposant Félix Tshisekedi, le 12 janvier 2019 dans les rues de Kinshasa.
Les supporters de l'opposant Martin Fayulu, candidat arrivé deuxième au scrutin présidentiel selon les résultats officiels, contestent l'élection de l'autre opposant Félix Tshisekedi, le 12 janvier 2019 dans les rues de Kinshasa. (KENNY-KATOMBE BUTUNKA / REUTERS)

Le président zambien Edgar Lungu, président en exercice de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), a indiqué que l'organisation avait pris note des "sérieux doutes" portant sur les résultats provisoires et estime "qu'un recomptage permettrait de rassurer à la fois les vainqueurs et les perdants".

Contre toute attente, la Commission électorale congolaise (Céni) a annoncé dans la nuit du 9 au 10 janvier 2019 la victoire de Félix Tshisekedi, 55 ans, fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi.

Selon les résultats (encore provisoires), Félix Tshisekedi devance nettement, avec 38,57% des voix, un autre opposant, Martin Fayulu (34,8%). Il doit donc succéder à Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en 2001.

Fayulu revendique 61% des voix

Mais Martin Fayulu a immédiatement dénoncé un "putsch électoral" du président sortant avec la "complicité" de Félix Tshisekedi, et revendiqué la victoire avec pas moins de 61% des suffrages. Le 11 janvier, il a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle, qui a huit jours pour l'examiner.

En demandant un recomptage, la SADC, qui a aussi appelé les dirigeants congolais à "considérer un accord politique négocié en vue d'un gouvernement inclusif", va plus loin que le reste de la communauté internationale.

L'Union européenne a demandé "la publication des procès-verbaux de chaque centre local de compilation des résultats". Les Etats-Unis ont réclamé une "clarification" et exhorté toutes les parties au calme, comme l'Union africaine ou l'ONU.

Garantir la paix sociale

La prudence internationale à l'égard des résultats fournis par la Céni est la conséquence des objections émises par la toute puissante Eglise catholique, qui a demandé elle aussi à l'ONU "la publication des procès-verbaux" du scrutin "pour enlever les doutes".

L'Eglise protestante, deuxième confession de RDC derrière les catholiques, a, quant à elle, déclaré le 14 janvier prendre acte des résultats contestés de la présidentielle et demandé aux juridictions compétentes de "dire le droit" sur les contentieux électoraux en vue de garantir la paix sociale dans le pays.

L'investiture du nouveau président est annoncée pour le 22 janvier, après la proclamation définitive des résultats.