RDC : au moins 103 personnes tuées dans des attaques à Kinshasa et Lubumbashi

Le gouvernement a communiqué, mardi, un "bilan définitif de cette offensive terroriste". Le pasteur qui a revendiqué les attaques est "en fuite" à l'étranger. 

Des militaires interviennent à proximité des locaux de la Radio-Télévision nationale congolaise, le 30 décembre 2013, à Kinshasa (République démocratique du Congo).
Des militaires interviennent à proximité des locaux de la Radio-Télévision nationale congolaise, le 30 décembre 2013, à Kinshasa (République démocratique du Congo). (STR / AFP)

Le "bilan définitif" est de 103 morts, a indiqué, mardi 31 décembre, le gouvernement de la République démocratique du Congo. Des attaques, qualifiées par les autorités d'"offensive terroriste", ont eu lieu, lundi, en divers endroits de Kinshasa et de Lubumbashi, deuxième ville de RDC.

Que s'est-il passé ?

Lundi matin, des offensives ont été lancées par des individus "armés avec des machettes et des armes", selon la police. A Kinshasa, des membres de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) ont été pris en otage dans la matinée, au siège de l'entreprise publique. Des coups de feu ont été tirés.

Dans la cité minière de Lubumbashi, des tirs ont été entendus "dans les parages de la résidence du 'prophète' Joseph Mukungubila", a témoigné le président de l'ONG en faveur des droits de l'homme Justicia. D'après lui, la situation est redevenue calme dans cette ville, où séjourne actuellement le président Joseph Kabila.

Quel bilan ?

Le porte-parole du gouvernement a affirmé, mardi, que le bilan des victimes était de "95 terroristes assaillants et huit éléments" de l'armée de la RDC. 

Un journaliste de l'AFP a dénombré, lundi, 24 corps à l'aéroport de Ndjili, où des tirs ont résonné dans la matinée. Selon lui, les victimes étaient toutes en tenue civile et étaient âgées d'une vingtaine d'années. Les compagnies aériennes ont toutes suspendu leurs vols au départ et à destination de l'aéroport de la capitale.

Qui sont ces "terroristes" ?

Il s'agit de soutiens du chef religieux Paul Joseph Mukungubila. Ce pasteur, ex-candidat à la présidentielle de 2006, se qualifie sur son site de "Prophète de l'Eternel". "Il est en fuite, a indiqué le gouvernement congolais, mardi. Il s'est évaporé - courageusement. (...) C'est que lui-même ne croit pas en la justesse de la cause qu'il est en train de revendiquer par des appels téléphoniques à partir d'un certain pays voisin ou pas très éloigné de notre pays."

Dans une lettre ouverte datée du 5 décembre, Paul Joseph Mukungubila avait fait part de son amertume quant à la gestion du pays. Il y tenait également des propos haineux à l'encontre du Rwanda, dénonçant des agressions de ce voisin contre la RDC et estimant que le président Kabila pactisait avec cet Etat.

Quelle est la version des assaillants ?

Le bureau de Paul Joseph Mukungubila a accusé les autorités, mardi, dans un communiqué publié sur Facebook, d'avoir commencé les attaques. Dimanche soir, à Lubumbashi, des "enfants" ont été arrêtés après avoir distribué une lettre où le pasteur "a dit la vérité, c'est-à-dire qu'on ne peut pas garder un étranger à la tête du pays", indique le texte, faisant référence aux allégations selon lesquelles le président Joseph Kabila est rwandais.

Lundi matin, des forces armées "ont attaqué la résidence du prophète Joseph Mukungubila à Lubumbashi", affirme le bureau. Après cette attaque, "les frères se trouvant dans d'autres villes se sont soulevés pour protester, d'autant plus que ce n'est pas la première attaque menée par les autorités contre le Prophète".