Soudan : la militante féministe Amira Osmane Hamed distinguée par le Prix des défenseurs des droits humains en danger

Ce prix décerné depuis 2005 par l'ONG internationale Front Line Defenders vise à protéger les militants des droits de l'Homme en danger. L'ONG basée à Dublin alerte ainsi sur la grave crise politique que traverse le Soudan.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Amira Osmane Hamed, militante des droits humains primée par l'organisation Front Line Defenders. Photo prise à Khartoum, le 8 septembre 2013.  (ASHRAF SHAZLY / AFP)

La militante soudanaise des droits des femmes Amira Osmane Hamed a reçu le 27 mai 2022 le Prix pour les défenseurs des droits humains en danger décerné par l'ONG internationale Front Line Defenders.

Arrêtée sous Omar el-Béchir

Ingénieure âgée d'une quarantaine d'années, Mme Hamed milite depuis de nombreuses années pour la cause des femmes au Soudan. Elle avait été arrêtée une première fois en 2002 pour avoir porté un pantalon, puis en 2013 pour avoir refusé de se couvrir les cheveux. A l'époque, une loi soudanaise interdisait aux femmes de se découvrir ou de porter un pantalon en public. Cette loi, qui "fait passer les Soudanaises de victimes à criminelles", selon Mme Hamed, a finalement été abrogée en 2019, après la destitution par l'armée du président Omar el-Béchir qui dirigeait le Soudan d'une main de fer.

Plus récemment, en janvier 2022, Amira Osmane Hamed a été arrêtée avant d'être libérée une semaine plus tard pour avoir dénoncé le pouvoir militaire après le putsch du général Abdel Fattah al-Burhane en octobre 2021. Des proches de Mme Hamed avaient affirmé à l'AFP fin janvier que "30 hommes armés et masqués" ont fait irruption dans sa maison à Khartoum au milieu de la nuit "et l'ont emmenée vers une destination inconnue".

"Amira Osmane Hamed ne s'est jamais détournée de sa mission et a continué à participer activement à des manifestations pacifiques."

l'ONG Front Line Defenders

à l'AFP

Impasse politique

Depuis le coup de force du général al-Burhane, des milliers de Soudanais manifestent régulièrement pour réclamer un pouvoir civil, mais la répression dans ce grand pays d'Afrique de l'Est a déjà fait 98 morts, des centaines de blessés et autant d'arrestations, sans aucune issue politique en vue. Le 28 mai 2022, deux nouveaux manifestants ont été tués dans de nouvelles protestations anti-putsch.

L'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, a estimé qu'il était "temps d'arrêter la violence et de mettre fin à l'état d'urgence". Les Nations unies et l'Union africaine plaident pour un dialogue politique sous peine de voir le pays sombrer définitivement "sur les plans économique et sécuritaire".

Selon l'ONU, un Soudanais sur deux souffrira de la faim d'ici fin 2022 alors que le putsch d'octobre, en mettant brutalement fin à un fragile partage du pouvoir entre civils et militaires, a privé le Soudan de son aide internationale.

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