Scénario catastrophe en Libye : la Tunisie se prépare à recevoir les réfugiés

Un plan d'urgence coordonné par l'ONU serait déclenché si plus de 300 personnes par jour arrivaient dans le pays. 

Des réfugiés libyens dans un camp près du poste frontière Sud de Dehiba, à environ 200 km au sud de Ras Jdir, en Tunisie, le 25 avril 2011.
Des réfugiés libyens dans un camp près du poste frontière Sud de Dehiba, à environ 200 km au sud de Ras Jdir, en Tunisie, le 25 avril 2011. (BORNI HICHEM / AFP)

Tunis surveille attentivement la situation militaire et politique de son voisin du Sud, envisageant un afflux massif en cas d'escalade militaire en Libye. Plusieurs réunions interministérielles ont porté début janvier sur l'organisation d'un éventuel accueil de civils fuyant le conflit. Un plan d'urgence coordonné par l'ONU serait déclenché si plus de 300 personnes par jour arrivaient en Tunisie.

Le gouvernement a décidé que l'hébergement se ferait dans un camp situé dans une zone désertique du Sud tunisien, à 75 km de la frontière libyenne. Ce camp, qui pourrait accueillir jusqu'à 25 000 personnes dans un premier temps, serait installé à Bir Fatnassia, non loin d'installations militaires dans le gouvernorat de Tataouine.

Le lieu nécessite d'importantes installations pour acheminer eau et services de base. Des familles libyennes se réfugient déjà par leurs propres moyens en Tunisie, mais il n'y a pas d'afflux massif, selon l'ONU et des riverains de la frontière.

La Tunisie a une attitude exemplaire en matière de respect des obligations internationales concernant l'accueil de migrants. Elle continue avec beaucoup de courage à garder ses portes ouvertesDiego Zorrilla, coordinateur de l'ONUà l'AFP

Risques terroristes

Tunis s'inquiète toutefois des infiltrations de terroristes. Le pays a subi en 2015 plusieurs attentats préparés en Libye, et reste depuis en état d'urgence, même si la situation sécuritaire s'est améliorée.

Lors d'une réunion le 7 janvier du Conseil de sécurité nationale, le président tunisien, Kaïs Saïed, a appelé à la solidarité, à la vigilance et  à "bien se préparer à tous ces développements, qui sont non seulement liés à la sécurité et à la possibilité qu’un certain nombre de terroristes infiltrent la population réfugiée en Tunisie, mais aussi au rapatriement d’un certain nombre d’étrangers, qui pourraient se réfugier sur le sol tunisien, comme cela s’est produit en 2011."

En 2011, après la chute de Mouammar Kadhafi, la Tunisie avait accueilli près d'un million de personnes fuyant la Libye.  Malgré tous ses efforts, la Tunisie n'a pas été conviée à la Conférence internationale sur la Libye dimanche à Berlin.