République démocratique du Congo : le premier procès anti-corruption se termine par un acquittement faute de preuves

Vital Kamerhe, l'ancien bras droit du président congolais Félix Tshisekedi, a été acquitté en appel.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le dirigeant de l'UNC Vital Kamerhe (2e à partir de la gauche) apporte son soutien à la candidature de Félix Tshisekedi (à droite) à l'élection présidentielle en RDC de décembre 2018. Nairobi, au Kenya, le 23 novembre 2018. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Condamné en 2020 à 20 ans de travaux forcés pour détournement de près de 50 millions de dollars, Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi, a été acquitté par la cour d’appel de Kinshasa, faute de preuves suffisantes. Cette affaire avait été présentée comme un symbole de la lutte contre la corruption.

Procès anti-corruption

Au cœur de cette affaire se trouve la construction d'une série d'infrastructures censées désengorger le trafic routier de la capitale congolaise. 46 millions de dollars ont été dépensés sans qu'aucun ouvrage ne soit sorti de terre. Plusieurs personnes, dont un banquier, le responsable d'une entreprise et le directeur de cabinet du président ont été mis en cause dans l'enquête sur le financement du programme dit des "cent jours" du chef de l'Etat congolais Félix Tshisekedi. Cette affaire était censée illustrer la lutte contre la corruption, un thème si cher au président qui s’était engagé à éradiquer ce fléau qui ronge la RDC. Seulement voilà, le premier procès du genre commence par une condamnation et se termine par un acquittement faute de preuves.

Rivalités politiques

Depuis le début de l’affaire, les partisans de Vital Kamerhe dénoncent un règlement de compte. Ce pilier de la vie politique congolaise était un homme-clé du régime de l'ancien président Joseph Kabila avant de passer à l'opposition en gardant en ligne de mire la présidentielle. Mais en 2018, Vital Kamerhe se désiste en faveur de Félix Tshisekedi en attendant la prochaine élection prévue fin 2023. Un accord dans ce sens a été conclu entre les deux hommes. Mais l'ouverture d’un procès a bouleversé les choses car la loi congolaise n'autorise pas les personnes condamnées pour des faits de corruption à concourir à une élection présidentielle.

Aujourd’hui, la donne a encore changé avec l'acquittement. Si on ne sait pas encore quelles en seront les conséquences politiques, on ne sait toujours pas comment l'argent public s’est évaporé et qui en est resposable. La lutte contre la corruption peut bien attendre.

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