Première opération commune Burkina Faso-Côte d'Ivoire contre le terrorisme

Dix jours de ratissage à la frontière des deux pays ont permis de montrer que la Côte d'Ivoire ne constitue pas une zone de refuge pour les terroristes du Burkina.

Des soldats du Burkina Faso à l\'entraînement près de Ouagadougou en avril 2018.
Des soldats du Burkina Faso à l'entraînement près de Ouagadougou en avril 2018. (ISSOUF SANOGO / AFP)

L'opération était planifiée depuis février 2020, selon l'état-major ivoirien. Elle a été lancée le 11 mai sur un secteur central des 580 km de frontière entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire. L'opération baptisée Comoé 2020 vise à sécuriser une région couverte de forêts, zone idéale pour les trafics en tous genres et de repli pour les groupes terroristes.

"Les deux armées ont mutualisé, à cet effet, leurs compétences et leurs moyens techniques et personnels", explique le communiqué de l'état-major ivoirien. Une première qui répond à une menace de plus en plus forte dans le secteur. Mais aucune information n'a été donnée sur les moyens mis en œuvre.

Attaques terroristes

Ces derniers temps, des attaques terroristes se sont déroulées dans le sud du Burkina."Certaines ont eu lieu à moins de 10 km de la frontière commune", a expliqué Lassina Doumbia, le Chef d'état-major général des Armées de Côte d’Ivoire. "Nous estimons qu’aucun Etat ne devrait laisser utiliser une portion quelconque de son territoire pour préparer, organiser et mener des attaques en territoire voisin, ou servir de zone refuge après la commission de tels forfaits", a-t-il ajouté.

Il s'agissait ainsi de montrer qu'il n'y a pas de sanctuaire, côté ivoirien, pour les Groupes armés terroristes (GAT), terme générique adopté désormais par tous les pays. "Cette opération conjointe aura permis de lever les doutes", explique Lassina Doumbia.

Bilan en demi-teinte

Un camp détruit en territoire burkinabè, huit combattants tués, du matériel et de l'armement saisis, une quarantaine de suspects interpellés, le bilan de l'opération est modeste. Selon l'AFP, des combats ont eu lieu également côté ivoirien, selon des habitants de la région. Depuis plus d'un mois, des hommes allaient et venaient de part et d'autre de la frontière. L'armée ne donne aucun bilan, mais précise qu'il n'existe pas de camp côté ivoirien.

Certains médias n'hésitent pas à parler de fiasco, en raison notamment des fuites qui ont émaillé l'opération. Un commandant de gendarmerie a même été arrêté pour avoir divulgué des informations confidentielles à un civil.

Afficher une volonté commune

Mais au-delà du résultat, ce qui comptait sans doute le plus était d'afficher la volonté d'œuvrer ensemble contre les terroristes. Casser une dynamique qui voit le terrorisme descendre de plus en plus depuis le Sahel vers le Sud. Pour l'heure, la région Nord de la Côte d'Ivoire n'a pas connu d'attaques. Mais selon l'AFP, la présence de jihadistes au nord du parc national de la Comoé a été détectée depuis plus d'un an. Selon des sources sécuritaires, il s'agissait de militants opérant au Burkina venus chercher refuge du côté ivoirien de la frontière.

Le 13 mars 2016, des assaillants avaient ouvert le feu sur la plage dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, près d'Abidjan, faisant 19 morts. Les autorités ont affirmé avoir déjoué plusieurs tentatives depuis. La Côte d'Ivoire n'est pas à l'abri du terrorisme.