Libye : les autorités rivales annoncent un cessez-le-feu et la tenue d'élections

Ces annonces sont les dernières en date d'une série d'accords et d'engagements proclamés ces dernières années en vue de sortir le pays du chaos. Elles sont jusqu'à présent restés lettres mortes. 

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L'homme fort de l'est du Liban, Khalifa Haftar, parle avec le président du parlement, Aguila Saleh, et le chef du gouvernement de Tripoli, Fayez al-Sarraj, lors d'un congrès sur la Libye à l'Elysée, à Paris, le 29 mai 2018. (ETIENNE LAURENT / AFP)

Un dénouement en vue pour la crise libyenne ? Les autorités rivales du pays ont annoncé séparément, vendredi 21 août, la cessation des hostilités et l'organisation prochaine d'élections.

Ces annonces surprises sont intervenues après plusieurs visites de responsables étrangers en Libye, pays qui dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, et est devenu une plaque tournante du trafic de migrants vers l'Europe. Elles sont les dernières en date d'une série d'accords et d'engagements proclamés ces dernières années en vue de sortir le pays du chaos mais restés lettres mortes. 

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte populaire en 2011, la Libye est en proie à des luttes d'influence et aujourd'hui deux autorités se disputent le pouvoir. D'un côté, le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj basé à Tripoli, à l'ouest du pays, et reconnu par l'ONU. De l'autre, un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh.

Des propositions légèrement différentes

Les nouvelles propositions des rivaux libyens ne sont pas identiques. Dans un communiqué, Fayez al-Sarraj, également chef du Conseil présidentiel qui chapeaute le gouvernement, a appelé à la tenue d'"élections présidentielle et parlementaires en mars prochain". Il a aussi "ordonné un cessez-le-feu immédiat et l'arrêt des opérations sur tout le territoire", ce qui permettra selon lui, de créer des zones démilitarisées dans la région de Syrte, au Nord, et celle de Joufra, plus au Sud, toutes deux sous contrôle des pro-Haftar.

Dans son communiqué, Aguila Saleh, qui dirige le premier Parlement élu en Libye depuis 2011 et est basé dans l'Est, a annoncé des élections, mais sans avancer de date, et appelé "toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat". Il ne mentionne pas non plus une démilitarisation de Syrte et Joufra. Il propose la formation, sans doute après des élections, d'un nouveau Conseil présidentiel qui serait basé à Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi puis bastion du groupe jihadiste Etat islamique jusqu'en 2016.

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