Les Marocains élisent leur Parlement, d’où sortira le futur chef du gouvernement, alors que l'avenir des islamistes du PJD est en jeu

Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), usé après une décennie au gouvernement, semble en perte de vitesse.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des élections générales se tiennent au Maroc le 8 septembre 2021. Chaque parti a son emblème, la lampe pour les islamistes du PJD, la rose pour le parti du progrès et du socialisme (PPS). Khemisset, le 5 septembre 2021.
 (JALAL MORCHIDI / ANADOLU AGENCY)

18 millions de Marocains sont appelés aux urnes ce 8 septembre 2021 pour désigner leurs députés, maires et élus régionaux. Ces élections législatives, municipales et régionales se tiennent pour la première fois le même jour afin de mobiliser l’électorat. La participation n'avait été que de 43% aux législatives de 2016.

Un futur Premier ministre issu du Parlement

Comme le prévoit la nouvelle Constitution (adoptée en 2011), le Premier ministre sera désigné par le parti arrivé en tête aux législatives. Il deviendra le chef du gouvernement avec le pouvoir de nommer ses ministres. Ce qui donne un poids décisif à cette élection au suffrage direct.

Dans cette monarchie constitutionnelle, le roi conserve toutefois son pouvoir dans les domaines régaliens : nomination des ministres pour les affaires religieuses, à la défense et aux affaires étrangères.

Les islamistes du PJD seront-ils reconduits ?

Ce scrutin semble assez ouvert, les islamistes du PJD (Parti de la Justice et du Développement), qui ont dirigé deux coalitions gouvernementales depuis dix ans, se sont usés à l’exercice du pouvoir. Le Maroc est le seul pays de la région où les islamistes (modérés) sont restés au pouvoir après les révoltes populaires dans le monde arabe, mais les décisions et les orientations majeures dans des secteurs clés continuent d'émaner d'initiatives du roi Mohammed VI.

La campagne électorale, marquée par l'absence de grands meetings politiques en raison de la pandémie, a été dominée par l'affrontement de quatre partis, le PJD, le Rassemblement national des Indépendants (RNI), le Parti Authenticité et Modernité (PAM) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Avec des propositions souvent proches sur l’emploi, la santé, l’accès à l’eau et à l’énergie, la réduction des inégalités sociales et territoriales, l’environnement, entre autres.

Des alliances politiques seront nécessaires

Des alliances politiques entre partis seront probablement nécessaires pour obtenir la majorité requise de 198 sièges. D’autant que pour la première fois, la répartition des sièges à la Chambre des représentants sera calculée sur la base du nombre des électeurs inscrits et non des votants. Ce nouveau mode de calcul devrait handicaper les grands partis au profit des petites formations, mais seul le PJD s'y est opposé, s'estimant "lésé".

S'il réalisait le même score qu'en 2016, le parti islamiste n'obtiendrait, selon les estimations, que 80 à 85 sièges, contre 125 à l'époque. Ce qui compliquerait sa tâche de constituer une nouvelle coalition gouvernementale en cas de victoire.

Cette élection sera suivi de près par de nombreuses capitales, le Maroc jouant un rôle stratégique au carrefour de l'Afrique, de l’Europe et de la Méditerranée. Avec une relative stabilité, devenue rare dans le monde arabe.

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