Gabon : la justice rejette une demande d'expertise médicale du président Bongo, victime d'un AVC fin 2018

Ali Bongo Ondimba est-il vraiment revenu aux affaires ? C'est la question posée par plusieurs opposants après l'accident vasculaire cérébral dont a été victime le président gabonais en octobre 2018. Un AVC suivi d'une absence de cinq mois pour convalescence au Maroc.

Le président Ali Bongo Ondimba à son retour à Libreville le 23 mars 2019, cinq mois après un déplacement en Arabie saoudite où il a été victime d\'un AVC et un séjour au Maroc où il a été soigné.
Le président Ali Bongo Ondimba à son retour à Libreville le 23 mars 2019, cinq mois après un déplacement en Arabie saoudite où il a été victime d'un AVC et un séjour au Maroc où il a été soigné. (STEVE JORDAN / AFP)

La justice gabonaise a rejeté la demande d'expertise médicale concernant le président Ali Bongo Ondimba, déposée fin mars 2019, par un collectif d'opposants en vue de déterminer la capacité du chef de l'Etat à exercer ses fonctions. La requête "est irrecevable et il n'y a pas lieu à autoriser (les requérants) à assigner le président de la République devant nous", a jugé le tribunal de première instance de Libreville, selon l'ordonnance envoyée à l'AFP par l'une des dix personnalités à l'origine de la requête.

Selon l'ordonnance datée du 2 mai, le tribunal rappelle, entre autres, que seul "le gouvernement" ou à défaut "les deux chambres du parlement" peuvent saisir la Cour constitutionnelle en vue de constater "la vacance de la présidence de la République ou l'empêchement définitif de son titulaire".

La question persiste : Ali Bongo est-il en possession de tous ses moyens ?

Selon Marc Ona, membre du collectif "Prêt à agir", comprenant dix personnalités du monde politique, syndical et de la société civile, "cette décision de justice renforce notre doute sur la capacité d'Ali Bongo à encore assumer ses fonctions présidentielles".

Pour rassurer l'opinion, la présidence publie de temps à autre des tweets montrant Ali Bongo dans ses activités officielles, comme recevoir longuement son Premier ministre ou échanger avec les maires de plusieurs grandes villes à propos de la décentralisation.

Cependant, l'incertitude dans laquelle est plongé le Gabon depuis les ennuis de santé de son président est réelle et pousse une bonne partie de la population à l'imaginer doublé par un sosie. D'autant que, après son adresse à la nation enregistrée à Rabat, lieu de sa convalescence, et diffusée le 31 décembre 2018, puis après les quelques mots qu'il a prononcés à son retour à Libreville trois mois plus tard, personne n'a entendu le son de la voix du président Bongo en public.

Une vacance du pouvoir supposée qui, début janvier 2019, avait encouragé quelques militaires à s'emparer de la radio-télévision gabonaise et à annoncer un "Conseil national de restauration" lors du coup d'Etat le plus court de l'Histoire. Quelques heures au bout desquelles les factieux ont été arrêtés.

Aujourd'hui, la justice a décidé de ne pas permettre d'enquête sur l'exercice du pouvoir à Libreville. Ali Bongo Ondimba, 60 ans, est à la tête du Gabon, pays pétrolier d'Afrique centrale, depuis 2009, après avoir succédé à son père, Omar Bongo, qui dirigeait le pays depuis 1967.