En Libye, le maréchal Haftar choisit la solution militaire contre le gouvernement Sarraj

Alors que les combats continuent en Libye, les forces loyales au maréchal libyen Khalifa Haftar ont rejeté l'appel de l'ONU à reprendre des discussions, leur porte-parole estimant qu'une solution militaire était la plus à même de résoudre le conflit. 

Un combattant fidèle au gouvernement libyen reconnu internationalement (GNA) fait feu lors d\'affrontements avec les forces de Khalifa Haftar à Ain Zara, dans la banlieue de Tripoli, le 7 septembre 2019.
Un combattant fidèle au gouvernement libyen reconnu internationalement (GNA) fait feu lors d'affrontements avec les forces de Khalifa Haftar à Ain Zara, dans la banlieue de Tripoli, le 7 septembre 2019. (MAHMUD TURKIA / AFP)

En Libye, les perspectives de paix semblent s'éloigner. Le porte-parole du maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, a, en effet, déclaré le 8 septembre, que "la solution militaire est la meilleure solution pour restaurer la sécurité et rétablir la loi", estimant qu'il était trop tard pour reprendre le dialogue.

"La bataille (pour Tripoli) est dans sa phase finale", a affirmé le général Ahmed al-Mesmari, porte-parole de l'autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) de M. Haftar, lors d'une conférence de presse tenue aux Emirats arabes unis.  "La guerre de l'armée nationale libyenne est menée contre les terroristes, les milices et les hors-la-loi", a-t-il ajouté, selon le journal Gulf News.

Il rejetait ainsi la position de Ghassan Salamé, émissaire de l'ONU pour la Libye, qui avait appelé mercredi 4 septembre le Conseil de sécurité à s'entendre entre eux pour mettre fin au conflit en Libye.

Le fait que le porte-parole du maréchal Haftar s'exprime dans les Emirats a provoqué la colère du gouvernement (GNA, Gouvernement libyen d'union nationale) de M. Sarraj, théoriquement reconnu par la communauté internationale qui a dénoncé la "position hostile" des Emirats. 

Cinq mois d'affrontements meurtriers

Homme fort de l'Est libyen, Khalifa Haftar a lancé le 4 avril 2019 une offensive pour conquérir Tripoli, tenue par le GNA. Après cinq mois d'affrontements meurtriers, ses forces, freinées par celles appuyant le GNA n'ont guère avancé, restant aux abords de la capitale. 

Selon un dernier bilan publié par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, les combats aux abords de Tripoli ont fait 1093 morts et 5752 blessés. Ils ont également forcé 120 000 personnes à quitter leur foyer depuis avril. Les derniers combats ont provoqué samedi 8 septembre la mort de trois membres des forces fidèles au GNA lors d'une opération menée pour repousser les hommes du maréchal Khalifa Haftar, rapporte un témoin.

Pour Ghassan Salamé, "deux scénarios très désagréables" pointent : d'une part, "la poursuite d'un conflit persistant et de faible intensité", d'autre part "une intensification des soutiens militaires" à l'une ou l'autre partie qui "plongerait l'ensemble de la région dans le chaos". En effet, si les Emirats, l'Arabie Saoudite et l'Egypte soutiennent le camp d'Haftar, le GNA est soutenu par le Qatar et la Turquie.