Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo de retour dans son pays "au cours du mois de décembre"

L'ancien président ivoirien, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), a finalement obtenu son passeport après plusieurs mois d'attente. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Les partisans de Laurent Gbagbo le 31 août 2020, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle d'octobre, brandissent une photo de l'ancien président ivoirien.  (SIA KAMBOU / AFP)

C'est une nouvelle qui a réjoui les GOR (Gbagbo ou rien), les fidèles partisans de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, et qui fait la une de la plupart des journaux ivoiriens depuis ces dernières heures. 

Dans un communiqué publié le 4 décembre 2020, Laurent Gbagbo a annoncé qu'il avait reçu deux passeports (ordinaire et diplomatique) des autorités ivoiriennes. Un document dont il avait annoncé fin juillet 2020 avoir fait la demande et dont la délivrance était devenue une affaire politique.

Dans le premier entretien accordé depuis son arrestation en 2011, à la suite de la crise post-électorale, l'ancien président avait déclaré qu'il était "un peu honteux pour (la Côte d'Ivoire)" qu'un ancien président fasse ce type de requête auprès de son ambassade. Il s'exprimait alors sur la chaîne francophone TV5 en octobre 2020, à quelques jours de la présidentielle pour laquelle sa candidature avait été invalidée.  

Acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) mais en liberté conditionnelle, l'ex-dirigeant ivoirien a indiqué qu'il comptait rentrer dans son pays "au cours du mois de décembre 2020". "Tant que je ne serai pas rentré chez moi, avait confié l'ancien chef de l'Etat à Denis Epoté de TV5, je me considère encore un petit peu comme un prisonnier". Pour Laurent Gbagbo, dans de telles conditions, "cet acquittement a un goût d'inachevé".

Il charge aujourd'hui Assoa Adou, secrétaire général de l'aile du Front populaire ivoirien (FPI) qui lui est restée fidèle, "d'approcher les autorités compétentes afin d’organiser son retour dans la quiétude conformément à son statut d’ancien président de la République".

Un "petit pas" pour Simone Gbagbo

A l'instar de son leader, dans un communiqué, "le FPI demande aux autorités ivoiriennes d’étudier avec diligence les conditions du retour du président Laurent Gbagbo en terre ivoirienne où sa contribution à l’avènement de la paix est attendue de tous les ivoiriens". De même, son parti "salue l’acte que vient de poser les autorités ivoiriennes dans le sens de la décrispation du climat sociopolitique" en Côte d'Ivoire.

Tout en exprimant sa gratitude au gouvernement ivoirien pour l'octroi de ce passeport, l'ancienne première dame Simone Gbagbo a estimé que "ce n'est qu'un petit pas" à l'antenne de la chaîne panafricaine Africa 24. Un avis qui fait écho à celui exprimé par l'ancien président ivoirien qui notait qu' "à la lumière des récents événements qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire, l’obtention de son passeport est un épiphénomène".

Une sortie qui n'a pas plu au parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui "condamne fermement de tels propos méprisants qui vont contre l'aspiration de nos populations à vivre ensemble et en paix" dans un communiqué relayé par le journal pro-gouvernemental Fraternité Matin.

En Côte d'Ivoire, ce week-end chargé – annonce de l'octroi du passeport de Laurent Gbagbo et retour au pays du président Alassane Ouattara après un séjour français  s'achève par la commémoration ce 7 décembre de la disparition en 1993 de Félix Houphouët-Boigny, le "père" de l'indépendance ivoirienne. En 1990, il nommait Alassane Ouattara Premier ministre, l'homme autour de qui la vie politique ivoirienne semble se cristalliser depuis trois décennies

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