Algérie : unique débat télévisé entre les cinq candidats le vendredi 6 décembre

La campagne électorale se déroule, jusqu'à présent, dans des espaces fermés.

Les cinq candidats de gauche à droite : Azzedine Mihoubi, Abdelmadjid Tebboune, Abdelkader Bengrina, Ali Benflis et Abdelaziz Belaïd, le 16 novembre 2019.
Les cinq candidats de gauche à droite : Azzedine Mihoubi, Abdelmadjid Tebboune, Abdelkader Bengrina, Ali Benflis et Abdelaziz Belaïd, le 16 novembre 2019. (- / AFP)

Le débat télévisé entre les cinq candidats en lice pour l'élection présidentielle du 12 décembre 2019 aura lieu le vendredi 6 décembre, a fait savoir l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). La campagne électorale passe inaperçue en Algérie. Les panneaux d'affichage demeurent vierges ou squattés par les portraits des "détenus d'opinion". Les cinq candidats, que peu de choses différencient sur le plan idéologique, évitent soigneusement la rue et les bains de foule. Ils animent des meetings dans des salles clairsemées, retransmis en direct par les télévisions offshore, chaînes algériennes de droit étranger, qui évitent scrupuleusement de couvrir les manifestations contre les élections des vendredis et mardis. 

La guerre des images définitivement gagnée par les manifestants

Le régime a essayé de contrecarrer les impressionnantes marches contre la présidentielle en organisant, lui-même, via de l'Union générale des Travailleurs algériens (UGTA, ex-syndicat unique), des manifestations de soutien. Résultat : des troupes maigrichonnes, moquées sur les réseaux sociaux. 

Selon l'ANIE, les cinq candidats ont donné leur accord pour le débat télévisé de vendredi, journée de contestation à travers toute l'Algérie contre cette élection. Quatre d'entre eux ont exercé des fonctions ministérielles, dont deux comme Premiers ministres, sous Abdelaziz Bouteflika. 

Ces débats permettraient aux citoyens de connaître de plus près les programmes électoraux de chaque candidatRachid Berdane, membre de l'ANIEà l'APS

Pour une partie de la presse algérienne, qui s'interroge sur l'opportunité de maintenir cette élection, le candidat favori n'est plus l'ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, mais l'ancien ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, qui engrange des soutiens de taille de... l'ancien régime. 

Que se passera-t-il après le 12 décembre si l'élection est maintenue ? "Eh bien, ça sera le 13 et on sera encore dans la rue. Je suis très confiante, j’ai le sentiment que ces élections n’auront pas lieu. Pas uniquement un sentiment, mais il y a aussi des indicateurs. Voyez ce qui c’est passé samedi. Tout l’Etat et ses ramifications n’ont pas pu mobiliser quelques milliers de personnes pour soi-disant soutenir les élections (...)", affirme, dans El Watan, Zoubida Assoul, porte-parole de l'Union pour le changement et le progrès.