Afrique du Sud : Jacob Zuma s'est constitué prisonnier, juste avant la fin de l’ultimatum fixé par la cour suprême

L'ancien président sud-africain avait été condamné à 15 mois de prison, le 29 juin 2021, pour avoir refusé de répondre aux questions d'une commission d'enquête sur la corruption. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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L'ancien président sud-africain Jacob Zuma s'adresse à ses partisans à Nkanda, en Afrique du Sud, le 4 juillet 2021. Englué dans les scandales de corruption, il vient de se constituer prisonnier.  (EMMANUEL CROSET / AFP)

L'ex-président sud-africain Jacob Zuma, au cœur d'une série de scandales de corruption, s’est finalement, et contre toute attente, constitué prisonnier. La police avait ordre de l'arrêter au plus tard le mercredi 7 juillet 2021 à minuit. Un épilogue qui a tenu le pays en haleine jusqu'à minuit mercredi.

Menace de chaos

La veille, Jacob Zuma avait prévenu, devant ses partisans, qu'il fallait s'attendre à des violences si la police "osait" l'arrêter. Mais ces menaces de chaos dans le pays n'ont pas mobilisé en dehors de ses partisans.

Après plusieurs jours de suspense, le charismatique et sulfureux Zuma, qui a passé plusieurs années en prison aux côtés de Nelson Mandela avant de devenir le redoutable chef du renseignement du Congrès national africain (ANC) en exil sous l'apartheid, s'est donc constitué prisonnier. Mais avant d'entrer en prison, il avait obtenu que la Cour constitutionnelle réexamine sa sentence dans les jours à venir. Ce n'est pas "un aveu de culpabilité", a d’ailleurs souligné son porte-parole, Mzwanele Manyi.

La semaine dernière, il avait été condamné à 15 mois de prison ferme par la plus haute juridiction du pays pour avoir refusé obstinément de se présenter devant la justice. Le ministre de la Police, qui s'était montré plus qu'hésitant à l'arrêter, a finalement fait volte-face se disant obligé de respecter le cadre de la loi. Bheki Cele a reconnu n'être "pas prêt à affronter des accusations d'outrage à la justice" pour ne pas avoir exécuté l'ordre.

Englué dans les scandales

M. Zuma est accusé d'avoir pillé les ressources publiques pendant ses neuf années au pouvoir (2009-2018). Depuis la création en 2018 d'une commission d'enquête sur la corruption d'Etat, il a été mis en cause par une quarantaine de témoignages, a multiplié les manœuvres dilatoires pour éviter de témoigner.

Le porte-parole de l'ANC au pouvoir, Pule Mabe, a salué une victoire pour l'"Etat de droit et l'indépendance de la justice" dans cette jeune démocratie. Même si plusieurs responsables du parti avaient affiché ces derniers jours, et à titre individuel, leur solidarité avec le "camarade Zuma".

De nombreux Sud-Africains ont salué l'incarcération de Zuma, marqueur d'une ère nouvelle où l'Etat de droit sort renforcé. "Personne n'est au-dessus de la loi", ont répété comme un mantra de nombreux témoins et acteurs à la télévision ces derniers jours.

Un "jour de gloire" pour l'Etat de droit

La pasionaria anticorruption Thuli Madonsela a salué "un jour de gloire, car (son incarcération) indique que l'Etat de droit prévaut". S'il n'était pas allé en prison, "cela aurait provoqué une onde de choc dans le système", a-t-elle déclaré le 8 juillet à la télévision publique. Cette ancienne médiatrice de la République avait détaillé dans un rapport accablant, et au fort retentissement en 2016, comment une fratrie d'hommes d'affaires d'origine indienne, les Gupta, avait pillé les ressources publiques sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).

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