10.000 coureurs éthiopiens et érythréens à Addis-Abeba pour la paix retrouvée

Le 11 novembre 2018, des milliers d’Ethiopiens et d’Erythréens ont participé, côte à côte, à une course de la réconciliation. Cette course de 10 km dans les rues d’Addis-Abeba se voulait symbolique: signe de la paix retrouvée entre les deux ex-frères ennemis de la Corne de l'Afrique. Ces deux pays, qui ne faisaient qu’un avant 1993, sortent de deux décennies de conflits qui ont fait 70.000 morts.

Ethiopiens et Erythréens ont couru à Addis-Abeba pour célébrer la paix.
Ethiopiens et Erythréens ont couru à Addis-Abeba pour célébrer la paix. (Minasse Wondimu Hailu / Anadolu Agency)

Première course de la paix et de la réconciliation après des années de guerre «chaude ou froide», les coureurs ont agité leurs drapeaux respectifs avant de s’élancer dans les rues de la capitale Ethiopienne. «Nous formons un seul peuple», «Nous n’aurions jamais dû être séparés», pouvaient-on lire sur certains T-shirts.

Course de la paix
Ancienne province éthiopienne, l'Erythrée a déclaré son indépendance en 1993, après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme de deux décennies de guerre.

Les deux pays se sont livré une guerre entre 1998 et 2000, qui a fait quelque 70.000 morts, principalement en raison d'un conflit frontalier.

L'arrivée au pouvoir en avril 2018 du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, un réformateur âgé de 42 ans, a changé la donne. Il a lancé un processus de réconciliation, qui a débouché sur un accord de paix en 2018.

Ce rapprochement s'est matérialisé par la réouverture de la frontière commune, le rétablissement des liaisons aériennes, des relations commerciales et des lignes téléphoniques.

Joie populaire
«C’est un très beau jour pour les peuples de nos deux pays et je remercie Dieu d’avoir pu vivre cette journée», a déclaré Tilahum Masresha, à l’agence turque Anadolu.

Même optimisme pour Chalachew Addis, cet Ethiopien qui a un frère vivant en Erythrée et dont il est resté séparé pendant 20 ans. Ils se sont revus pour la première fois quand la frontière a rouvert en septembre. «Avec la réouverture de la frontière, mon frère est revenu en Ethiopie pour la première fois en 20 ans et nous nous sommes revus», a-t-il raconté, le regard radieux. «Je cours en portant le drapeau érythréen. Je suis très heureux que ce jour soit arrivé», a-t-il ajouté.

(Minasse Wondimu Hailu / Anadolu Agency)

«Ce n'est pas la course de deux peuples, mais d'un seul peuple. Ce qui les différencie est mineur, on peut même dire qu'il n'y a pas de différences. Ils sont proches en tout», a estimé Nega Belay, représentant de la communauté érythréenne à Londres, interrogé par l’AFP.

M.Nega a dit œuvrer à l'organisation d'un événement du même type dans la capitale érythréenne Asmara en 2019.