Nigeria : le dirigeant chiite Ibrahim Zakzaky "bientôt" libéré, selon un site iranien

Après deux jours de manifestations et de heurts sanglants avec les forces de sécurité, un site iranien annonce en "exclusivité" que le dirigeant du Mouvement islamique du Nigeria va être libéré "sous peu" pour suivre des soins à l'étranger.

Des centaines de chiites manifestent à Abuja le 10 juillet 2019 pour demander la libération de leur dirigeant emprisonné, Ibrahim Zakzaky, un jour après les affrontements avec la police qui avaient fait deux morts.
Des centaines de chiites manifestent à Abuja le 10 juillet 2019 pour demander la libération de leur dirigeant emprisonné, Ibrahim Zakzaky, un jour après les affrontements avec la police qui avaient fait deux morts. (KOLA SULAIMON / AFP)

Suite à des accords conclus entre le gouvernement nigérian et le Mouvement islamique au Nigéria (MIN), le cheikh Ibrahim Zakzaky et son épouse devraient être libérés sous peu pour des soins médicaux à l'étranger. C'est du moins ce que pense pouvoir annoncer en exclusivité le 12 juillet 2019 le site iranien IranFrontPage, citant une source informée. 

Zakzaky a besoin d'un traitement à l'étranger

Selon cette source, une équipe médicale internationale de la Commission islamique des droits de l'Homme (CIR) basée à Londres a pu récemment rendre visite au Cheikh Zakzaky et à son épouse en prison. A l'issue d'un examen de santé et de tests médicaux pratiqués sur les deux personnes, l'équipe a rédigé un rapport soulignant la nécessité urgente d'envoyer le dirigeant religieux suivre un traitement spécial à l'étranger.

Des copies de ce rapport ont été fournies aux avocats et à la famille du chef chiite. Selon l'ambassadeur d'Iran au Nigeria, Morteza Rahimi, ces derniers ont même déjà préparé un rapport à soumettre aux autorités judiciaires lors d'un procès qui devrait se tenir prochainement.

Arrêté en décembre 2015 et maintenu en détention malgré une décision judiciaire fédérale de le libérer en 2016, le dignitaire religieux est très malade, selon son fils qui a pu le rencontrer le 6 juillet.

L'Iran suit de près le sort du dirigeant chiite

"Il a été découvert que mon père avait des concentrations de plomb et de cadmium inhabituellement élevées mettant sa vie en danger. Divers experts que nous avons consultés ont recommandé une hospitalisation immédiate afin de tenter de le sauver", a-t-il déclaré, selon Téhéran Times.

La presse iranienne, qui suit de très près le cas du dirigeant chiite, met en effet la pression pour obtenir sa libération ainsi que celle de sa femme qui souffre de "nombreux problèmes de santé dont des attaques fréquentes de douleurs chroniques qui sont devenues quotidiennes", a encore indiqué le fils.

Opposé aux autorités nigérianes, Ibrahim Zakzaky appelle depuis des années à une révolution islamique inspirée du modèle iranien dans un pays majoritairement peuplé de sunnites,

Le 10 juillet, des centaines de chiites étaient redescendus dans les rues d'Abuja pour réclamer la libération de leur chef, selon des journalistes de l'AFP sur place. Les fronts ceints de bandeaux jaunes, ils chantaient des slogans et dansaient devant la Commission nationale des droits de l'Homme dans le centre de la capitale.

"La police nigériane a tiré sur les chiites à l'Assemblée"

Au mur, une inscription peinte en rouge venait rappeler que "la police nigeriane a tiré sur des chiites à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2019". La veille, un rassemblement avait en effet tourné à l'affrontement qui avait fait deux morts dont un adolescent de 14 ans et onze blessés.

Un porte-parole du MIN a démenti la version des autorités faisant état de tirs avec un fusil dérobé à la police."Certains de nos membres ont probablement jeté des pierres, a reconnu Ibrahim Musa. Mais dire que nous avons essayé de nous emparer des armes est tout simplement faux."

"Nous sommes très en colère et nous ne voulons pas que notre chef meure entre les mains du gouvernement fédéral", a-t-il ajouté en référence à l'appel à l'aide du fils d'Ibrahim Zakzaky qualifiant la détention de son père, malade, d'"assassinat".