La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala en bonne position pour prendre la tête de l’Organisation mondiale du commerce

L'ancienne ministre nigériane a déjà obtenu le soutien officiel de 79 pays sur les 164 Etats membres de l’organisation multilatérale. Elle se dit confiante pour être désignée à la direction de l'OMC face à sa concurrente, la Coréenne, Yoo Myung-hee.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Les deux dernières candidates en lice pour prendre la tête de l'OMC : l'ancienne ministre du Commerce de la Corée du Sud Yoo Myung-hee (à gauche) et l'ancienne ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala (à droite). Genève, le 16 juillet 2020. (Fabrice COFFRINI / AFP)

On connaîtra au plus tard le 7 novembre 2020 le nom de celle qui remplacera le Brésilien Roberto Azevêdo à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). On sait déjà que ce sera une femme et peut être une Africaine. Dans la course finale à la direction de l’OMC, deux candidatures restent en lice, la Coréenne Yoo Myung-hee et la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala. L’ancienne ministre des Finances du Nigeria a déjà obtenu le soutien des 54 pays de l’Union africaine, de nombreux pays de l’Union européenne et d’Amérique latine. La Chine et les Etats-Unis ne se sont pas encore prononcés officiellement mais pour la décision finale, les grandes puissances pèsent de tout leur poids. Le résultat de l'élection américaine du 3 novembre pourrait influencer in extremis la position des Etats-Unis. 

Curriculum imposant

Née en 1954 à Ogwashi-Ukwu, dans le delta du Niger, Ngozi Okonjo-Iweala a passé la majorité de sa vie aux Etats-Unis, où elle a étudié dans deux universités prestigieuses, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard. Deux fois ministre des Finances du Nigeria, Mme Okonjo-Iweala a commencé sa carrière à la Banque mondiale en 1982, où elle a travaillé durant 25 ans. Son curriculum vitae en impose. Il lui sera nécessaire pour restaurer une organisation multilatérale qui traverse une grave crise historique.

Plusieurs personnalités ont signé une déclaration de soutien à sa candidature, notamment les Européens Jean-Claude Juncker (ex-président de l’UE) et les anciens chefs d’Etat Horst Köhler (Allemagne), Romano Prodi (Italie) ou Felipe Gonzalez (Espagne). "Le rôle de l'OMC doit maintenant être renforcé afin de contrer les formes de protectionnisme et d'unilatéralisme qui affectent de manière dramatique le système multilatéral", affirment les signataires selon qui la nomination de Ngozi Okonjo-Iweala "donnera un coup de fouet aux efforts du continent africain pour occuper une place dans le commerce international qui corresponde à son poids réel et à ses potentialités".

Je suis la candidate de la réforme (…) Je sens le vent dans mon dos

Ngozi Okonjo-Iweala, candidate à la direction de l'OMC

Lors d'un point-presse rapporté par l'AFP

Ngozi Okonjo-Iweala a exposé lors d'un point-presse par visioconférence pourquoi elle estime être la bonne personne pour sortir l'OMC des difficultés dans lesquelles elle se trouve du fait de ses statuts, des virulentes attaques de l'administration Trump, mais aussi des doutes sur le multilatéralisme et la libéralisation du commerce international en temps de pandémie.

Si elle est choisie, Ngozi Okonjo-Iweala se donne deux priorités pour montrer que l'OMC est indispensable. Elle souhaite pouvoir présenter à la mi-2021 un accord sur les subventions à la pêche, discutées en ce moment à Genève, pour démontrer que l'OMC peut encore produire des avancées multilatérales. L'autre priorité, c'est de rebâtir l'organe de règlement des différends, le tribunal de l'OMC qui a été torpillé par l'administration Trump.

L'heure de l'Afrique

L'OMC "a besoin d'un directeur général très compétent qui soit capable d'avoir les contacts et la stature politiques pour être capable de mettre les réformes en œuvre et de négocier à un très haut niveau tant dans les capitales qu'à Genève", a-t-elle dit, laissant entendre qu'elle avait "la bonne combinaison de qualités".

Elle a face à elle une adversaire de haut niveau. A 53 ans, Yoo Myung-hee est la première Sud-Coréenne à avoir dirigé le ministère du Commerce. Elle a pris en charge en 1995 le dossier OMC au ministère sud-coréen du Commerce puis dirigé les négociations sur des accords de libre-échange, notamment celui liant la Chine à la Corée du Sud. Elle a également travaillé auprès de l’ambassade sud-coréenne en Chine (2007-2010).

Le président sud-africain et en exercice de l'UA, Cyril Ramaphosa, s'est dit optimiste quant aux chances de la candidate africaine, dont "le leadership contribuerait à la pleine intégration du continent en tant qu'acteur important du système commercial mondial".

L’Afrique est à ce jour le seul continent à n’avoir jamais dirigé l'OMC.

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