L’Algérie expulse une nouvelle vague de 600 migrants africains vers le Niger

Selon les Nations unies, Alger a procédé à l'expulsion de dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d'Afrique de l'Ouest et centrale depuis 2014. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Migrants africains refoulés par l'Algérie à la frontière avec le Niger. Tamanrasset, Algérie, le 1er juillet 2018.  (FAROUK BATICHE / ANADOLU AGENCY)

Plus de 600 migrants, originaires d'une dizaine de pays africains, sont arrivés dans le nord du Niger après avoir été refoulés d'Algérie, a appris l'AFP le 20 septembre 2022 auprès des autorités locales. Une information confirmée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Escortés jusqu'à la frontière

Au total, 669 ressortissants d'Afrique de l'Ouest et centrale sont arrivés "à pied" le 17 septembre à Assamaka, ville nigérienne la plus proche de la frontière avec l'Algérie d'où ils ont été refoulés, selon les autorités locales. Parmi eux, figurent notamment 286 Maliens, 166 Guinéens, 37 Burkinabè, 27 Sénégalais,  25 Béninois, 22 Ivoiriens, 21 Gambiens, 21 Soudanais, 19 Nigérians, 14 Camerounais et 14 Sierra-Léonais. 

L'OIM, présent au Niger, tente de leur apporter assistance "Les migrants qui souhaitent intégrer notre programme d'aide au retour volontaire peuvent être admis au niveau de notre centre de transit d'Assamaka", a assuré l'organisation.

Le 6 septembre déjà, 847 migrants, en majorité des Nigériens (dont 40 femmes et 74 enfants non accompagnés), étaient arrivés à Agadez, après avoir été refoulés d'Algérie, avait indiqué la municipalité de cette grande ville du nord du Niger. Selon une source humanitaire, "les autorités algériennes les ont escortés en bus jusqu'à la frontière nigérienne".

Plus seulement un pays de transit

D'après les Nations unies, l'Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d'Afrique de l'Ouest et centrale. Le pays est considéré par les migrants subsahariens comme un pays relativement riche et un point de transit vers l'Europe. Certains de ces migrants tentent de survivre en Algérie, souvent en mendiant, en devenant cordonnier ou encore en travaillant dans le bâtiment. L'Algérie devient ainsi un pays de destination. 

Début juillet, l'OIM a annoncé avoir secouru 50 migrants ouest-africains, dont des femmes et des enfants, "bloqués" dans le nord désertique du Niger, près de la frontière libyenne. La Libye est un autre point de transit des clandestins vers l'Europe.

"Campagne malveillante"

En juin, l'organisation Médecins sans frontières (MSF) avait dénoncé "les traitements inhumains" infligés à des migrants ouest-africains cherchant à gagner l'Europe et dont "environ 2 000" sont "en moyenne mensuellement" refoulés de l'Algérie et de la Libye vers le Niger voisin. MSF a recensé 23 171 migrants expulsés en 2020 et 27 208 autres en 2021.

L'Algérie socialiste, qui prône l'amitié entre les peuples, ne reconnaît jamais ces expulsions. Alger, qui n'a pas de législation en matière d'asile, a souvent démenti ces accusations, dénonçant une "campagne malveillante".

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