Namibie: la participation des Noirs au secteur minier remise en cause

Le gouvernement namibien abandonne sa réglementation de 2015 imposant aux entreprises présentes dans le secteur minier d'être en partie dirigées par des Namibiens noirs. Celle-ci avait pour but de corriger les inégalités héritées du système racial de l'apartheid. Mais elle n'a pas convaincu les investisseurs, alors que le pays, plongé dans récession depuis 2016, cherche à les attirer.

Un employé sur le pont du navire Mafuta de  l\'entreprise The Diamonds Sea Mining de Debmarine, le 25 juin 2017, dans les eaux namibiennes
Un employé sur le pont du navire Mafuta de  l'entreprise The Diamonds Sea Mining de Debmarine, le 25 juin 2017, dans les eaux namibiennes (GIANLUIGI GUERCIA / AFP)

Le secteur minier de la Namibie est l'un des piliers de l'économie. Il emploie 17.000 personnes, soit 2,5% de la population active, et contribue à hauteur de 12% du PIB du pays, producteur de diamants et d'uranium. 

En 2015, la Namibie avait décrété que les sociétés candidates à un permis minier pour l'exploration ou l'exploitation seraient dirigées à 20% par des Namibiens noirs. Il était également imposé à ces entreprises qu'au moins 5% de leur capital soit détenu par des Namibiens. 

Aujourd'hui, la donne a changé. Pour le ministre des Mines et de l'Energie, Tom Alweendo, «il est important de rendre plus efficaces les progrès dans la découverte de minerais». «Nous admettons que nous devons trouver des moyens efficaces pour que les entrepreneurs et hommes d'affaires namibiens deviennent des participants actifs dans le secteur minier», a ajouté Tom Alweendo, le 27 octobre 2018, à l'AFP, pour justifier la volte-face du gouvernement.

L'émancipation économique des Noirs
Le ministre avait laissé entendre, en avril 2018, à l'agence Reuters, que la loi sur l’émancipation économique des Noirs pourrait ne pas toucher les compagnies minières. «Je ne vais pas retirer unilatéralement les exigences de la loi, nous devons évidemment d’abord en discuter et voir si elles servent réellement le but pour lequel elles existent», avait-il notamment déclaré, le 27 octobre 2018, à l'AFP«En donnant des licences d’exploration à des personnes qui n’ajouteront aucune valeur, je pense que nous ne faisons que ralentir l’émancipation que nous voulons atteindre en fin de compte», avait-il ajouté.

De son côté, le président Hage Geingob avait alors indiqué que ce projet de loi serait révisé avant d’être soumis au Parlement, selon l'agence Ecofin.

Les prix de l’uranium sont au plus bas depuis 15 ans et cela rend les gisements namibiens de moins en moins rentables, soulignait RFI en septembre 2018. Au deuxième trimestre 2017, alors que l'économie locale affichait des résultats négatifs, le secteur minier enregistrait une forte croissance de 25,8%, contre 19,4% à la même période en 2016, selon la Chambre namibienne des mines.

La minorité blanche continue de contrôler l'économie de cet Etat d'Afrique australe qui a obtenu son indépendance de l'Afrique du Sud en 1990.