L'Italie mise sur le Mozambique pour le gaz

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Italie s'est lancée dans une offensive diplomatique en Afrique pour sortir de sa dépendance au gaz russe. 

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Vue générale de Maputo depuis les rives du quartier des pêcheurs, le 16 novembre 2021. (ALFREDO ZUNIGA / AFP)

Le président italien Sergio Mattarella a rencontré, mardi 5 juillet, à Maputo son homologue mozambicain Filipe Nyusi, pour des discussions centrées sur l'exploitation et la fourniture en gaz. Rome cherche à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Cette visite survient alors que la production de gaz naturel au large du Mozambique par le géant italien de l'énergie, Eni, à la tête du projet de 6,2 milliards d'euros, doit démarrer ce semestre. "Le début prochain des exportations de gaz naturel liquéfié à partir du site Coral Sul, géré par Eni, est une étape importante qui montre à quel point notre coopération est précieuse", a déclaré le président italien.

Gaz liquéfié

Le navire Coral-Sul (lien en anglais), première plateforme de liquéfaction de gaz naturel en mer déployée dans les eaux profondes du continent africain, d'une capacité annuelle de production de 3,4 millions de tonnes, est arrivé au large du Mozambique en janvier. Une attaque jihadiste d'ampleur en mars 2021 dans le nord-est du pays a suspendu la course au gaz des géants mondiaux du secteur. Le Français TotalEnergies a suspendu jusqu'à nouvel ordre un projet pesant 16,5 milliards d'euros.  Mais Eni, en misant sur la liquéfaction du gaz en pleine mer, semble tirer son épingle du jeu et a maintenu ses objectifs de production. Le mois dernier, l'entreprise a confirmé des avancées dans l'installation de sa plateforme.

Offensive diplomatique

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Italie s'est lancée dans une offensive diplomatique en Afrique pour sortir de sa dépendance au gaz russe. Des accords ont été signés avec le Congo, l'Angola et l'Algérie. Alger, qui est actuellement son deuxième fournisseur, contribue déjà pour environ 30% de sa consommation. Selon Eni, l'accord signé avec la compagnie nationale algérienne, Sonatrach, fera grimper les livraisons de gaz à travers le gazoduc sous-marin Transmed "jusqu'à 9 milliards de m³ supplémentaires par an" d'ici 2023-2024. Cette diversification a néanmoins un coût important : pour pouvoir importer davantage de GNL, l'Italie envisage d'acheter ou de louer des unités flottantes de stockage. 

L'Italie est l'un des plus gros consommateurs européens de gaz, 95% de ses besoins sont importés dont 45% depuis la Russie. 

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