Le pédophile espagnol gracié au Maroc à nouveau placé en détention

De la grâce de Mohammed VI à l'interpellation en Espagne, retour sur l'imbroglio de la libération de Daniel Galvan.

A gauche, des manifestants protestent contre la grâce accordée au pédophile espagnol, Daniel Galvan, à Rabat, le 3 août 2013. A droite, une photo non datée de Daniel Galvan.
A gauche, des manifestants protestent contre la grâce accordée au pédophile espagnol, Daniel Galvan, à Rabat, le 3 août 2013. A droite, une photo non datée de Daniel Galvan. (REUTERS - MAXPPP)

La justice espagnole a décidé mardi 6 août d'envoyer en détention préventive le pédophile gracié par erreur au Maroc, puis arrêté lundi en Espagne. Il sera incarcéré en attendant que la justice se prononce sur son éventuelle extradition, a annoncé une source judiciaire.

Le juge a invoqué "un risque de fuite" de la part de Daniel Galvan, condamné en 2011 à trente ans de prison au Maroc pour des viols commis sur onze mineurs. Sa grâce, annoncée le 30 juillet, avait provoqué une vague de colère à travers le royaume.

Francetv info revient sur les différents épisodes.

La grâce accordée...

Daniel Galvan a été libéré par une grâce royale, accordée par Mohammed VI à 48 détenus, à la demande du roi d'Espagne Juan Carlos, au nom de l'excellence des relations entre les deux pays. Cependant, le site d'informations marocain Lakome affirme que Galvan est en réalité un Irakien qui a été naturalisé espagnol pour services rendus pendant la guerre en Irak. Sa libération, d'après le site, fait suite à une demande des services secrets espagnols.

En fait, selon une source proche du dossier à Madrid, le gouvernement espagnol avait proposé au Maroc 48 noms d'Espagnols détenus au Maroc. "Une liste de 18 prisonniers [demandait] à ce qu'ils soient graciés, et une autre de 30 noms [demandait] qu'ils soient transférés en Espagne afin d'y purger leur peine." Selon la source, Daniel Galvan figurait sur cette seconde liste.

... puis annulée

Face au mouvement de protestation de la population, Mohammed VI garde d'abord un silence embarrassé. Puis il ordonne, samedi soir, une enquête "en vue de déterminer les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération". Elle doit permettre "d'identifier le ou les responsables de cette négligence afin de prendre les sanctions nécessaires". Le palais royal prend également soin de préciser que "le roi n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné".

Dimanche, Mohammed VI revient finalement sur sa décision. Le souverain "a décidé de procéder au retrait de la grâce précédemment accordée au dénommé Daniel Galvan Fina", indique un texte publié par l'agence officielle MAP, évoquant une décision "à caractère exceptionnel".

Pendant ce temps, Daniel Galvan a eu le temps de quitter le Maroc. Mais un mandat d'arrêt international est émis.

Le pédophile arrêté

Le pédophile est interpellé lundi dans le sud-est de l'Espagne, annonce le ministère de l'Intérieur espagnol. L'homme "a été arrêté à Murcie", et doit être mis à disposition du tribunal madrilène de l'Audience nationale.

En parallèle, au Maroc, Mohammed VI désigne un responsable à cette défaillance. La sanction tombe pour le directeur de l'administration pénitentiaire, qui est révoqué lundi. "L'enquête a conclu que ladite administration (...) a transmis par inadvertance des informations erronées de la situation pénale de l'intéressé", indique un communiqué du palais royal.