Maroc : il y a 60 ans, la ville d'Agadir était rasée par un tremblement de terre...

Le 29 février 1960, la ville d’Agadir, dans le sud-ouest du Maroc, était rayée de la carte en quelques dizaines de secondes par un tremblement de terre dévastateur. Bilan : au moins 12 000 morts, quelque 25 000 blessés et une cité en ruines.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des immeubles détruits à Agadir lors du séisme du 29 février 1960. Photo prise le 2 mars 1960. (AFP)

Il est 23h40 en ce dernier jour du mois de février à Agadir, sur la côte Atlantique du royaume chérifien, quand la terre se met à trembler. "Avec une magnitude de 5,7 sur l'échelle de Richter, c'est un séisme que l'on dit 'modéré'", écrit aujourd'hui Paris Match… Modéré ? En fait, l'épicentre se trouve juste au-dessous de la ville, elle-même située sur une faille sismique. Conséquence : entre 12 000 et 15 000 personnes, soit un tiers de la population, ont ainsi disparu dans le plus grave tremblement de terre de l'histoire récente du Maroc.

Quelques heures auparavant, deux petites secousses prémonitoires, l'une le matin, l'autre en fin d'après-midi, avaient déjà fait trembler le sol. Mais elles n'avaient guère inquiété à Agadir, ville dont les racines remontent à l'Antiquité… Pour autant, celle-ci avait déjà souffert d'un séisme en 1731.

"Tout le monde, sans exception, a été frappé. Le gouverneur de la ville, monsieur Bouamrani, a perdu trois enfants ; le consul de France, monsieur Jeudi, pleure son fils Philippe ; le commandant de la gendarmerie royale ne reverra plus sa petite fille ; des familles entières ont péri", raconte l'envoyé spécial du Figaro, André Lagny.

Ce sont surtout les quartiers les plus proches de la montagne qui ont été touchés, tandis que le port a peu souffert. La casbah, citadelle qui dominait Agadir, est entièrement détruite.

"Personne ne répondait"

"Les secours furent rendus très difficiles, car les hommes des trois compagnies de l'armée marocaine stationnées à Agadir étaient eux-mêmes bloqués par les décombres de leurs cantonnements", poursuit André Lagny. Gendarmes et policiers connaissent les mêmes problèmes.

Les militaires d'une base aéronavale française proche et l'escadre française de la Méditerranée, renforcés par des marins néerlandais, viennent assister les quelque 30 000 survivants, tous sans abri. "De toutes parts, bateaux blindés et chaloupes foncent vers le port et la plage. (…) A la place des fusils, des pelles et des pioches. A la place des mitrailleuses, des barres à mine. A la place des lance-flammes, des chalumeaux oxycoupeurs", rapporte l'envoyé spécial de Paris Match, Georges Menant (enquête Robert Serrou).

Des sauveteurs tentent de retrouver des victimes, le 2 mars 1960, dans les ruines des maisons effondrées lors du séisme d'Agadir, au Maroc.  (AFP)
Dans ce qui reste de l'hôtel Saada, où logeaient une centaine de clients, il faut creuser des trous dans le béton. Les plus petits des sauveteurs "parvenaient à se faufiler dans les décombres. J'ai perçu leurs appels auxquels souvent personne ne répondait", raconte André Lagny

Agadir est évacuée. "Il faudra raser la ville pour en construire une autre", explique au Figaro le prince héritier Moulay Hassan, le futur Hassan II, chargé par le roi Mohammed V de diriger les opérations de secours. De fait, la cité sera très rapidement reconstruite deux kilomètres plus au sud pour réduire les risques sismiques.

Depuis 1960, la terre a de nouveau tremblé à Agadir. Notamment le 20 février 2017 : une secousse de 4,2 sur l'échelle de Richter, qui a duré trois secondes, "a été enregistrée dans toute la région de Chtouka Ait Baha sans faire de dégâts", rapporte le site marocain Le360. "La secousse a tout de même effrayé les habitants. Certains ont quitté précipitamment leur domicile", d'autant plus que le séisme de 1960 "demeure encore dans l'inconscient collectif", raconte de son côté Lesiteinfo.com.

Des sauveteurs tentent de retrouver des victimes dans les ruines d'Agadir, le 2 mars 1960, à la suite du séisme qui a ravagé la ville deux jours auparavant. (AFP)

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