Les Pays-Bas choquent la presse marocaine, après avoir expulsé trois jeunes danseurs venus du Maroc

Une affaire de jeunes refoulés des Pays-Bas secoue la presse marocaine. Malgré un visa en règle, Hamza, Omar et Ahmed, trois danseurs marocains du collectif “The Lions Crew”, se seraient vu refuser l'accès aux Pays-Bas, où ils se rendaient pour participer à une compétition internationale de hip hop.

Demande de visa Schengen. Zone dont font partie les Pays-Bas.
Demande de visa Schengen. Zone dont font partie les Pays-Bas. (PHILIPPE TURPIN / PHOTONONSTOP / AFP)

"Trois Marocains souffrent le martyre à l’aéroport d’Eindhoven", n'hésite pas à titrer le Site Info, une publication marocaine en ligne, à propos de trois jeunes Marocains arrêtés, puis expulsés des Pays-Bas.

Selon la presse marocaine, l’affaire se serait déroulée en janvier 2019. "Objectif de leur séjour : participer à une battle internationale de hip-hop qui se tenait le 12 janvier dans la ville (d’Eindhoven). Tous les trois étaient munis de leurs visas Schengen, ainsi que 300 euros à eux trois. Toutefois, l’agent de la douane leur a refusé l’accès au territoire néerlandais, invoquant un manque de moyens de subsistance et de preuves des raisons de leur séjour", raconte TelQuel.

Selon les témoignages de la presse marocaine, les trois jeunes avaient fait les choses dans les règles et avaient des billets d'avion de retour. “Nous sommes arrivés tous les trois à Eindhoven, tranquillement. À la douane, nous présentons nos passeports aux policiers qui d’emblée se montrent suspicieux et nous interpellent, à l’écart du reste de la file. Un policier nous prend à part et nous pose plusieurs questions sur le motif de notre venue”, précise Hamza au HuffPost Maroc

“I am not a criminal, I am an artist”

Les trois jeunes sont ensuite emmenés dans un centre de rétention où ils vont passer quelques jours après des interrogatoires et après avoir signé un papier qu'ils affirment ne pas avoir compris. "Nous avions peur. En signant, nous pensions que nous allions être relâchés". "I am not a criminal, I am an artist", s'évertue à répéter Hamza, selon le témoignage recueilli par Maria Daïf, ancienne directrice du centre culturel casablancais L’Uzine, où ces jeunes sont actifs .

Les trois jeunes sont finalement expulsés des Pays-Bas. "Ce qui nous est arrivé est une injustice. Nous réclamons des explications et des excuses de la part de l’Etat néerlandais. Nous demandons à être remboursés sur les frais que nous avons engagés pour ce voyage. Nous voulons avoir la certitude que ce qui nous est arrivé n’arrivera pas à d’autres artistes et que notre droit de voyager en Europe et de participer à des battles nous est toujours garanti, malgré ce qui est arrivé", estiment-ils.

Nous assistons, nous acteurs et actrices culturel.le.s et artistes, à la fermeture des portes de la forteresse SchengenMaria DaïfYabiladi

Ces jeunes n'étaient pourtant pas des inconnus. Le site moroccoworldnews rappelle que "Omar et Hamza sont membres du collectif Lions Crew. Le New York Times a publié un article mettant en vedette le groupe en mai" 2018.

Cette affaire illustre la difficulté pour certains artistes marocains de se rendre en Europe.  Et c'est pour s'insurger contre le traitement qui est infligé aux artistes, devant qui les portes se ferment malgré des invitations officielles, que "Daïf boycotte le festival Moussem Cities à Bruxelles, pour protester contre la mobilité réduite des artistes marocains en Europe"