"Le Maroc est un ami important et un allié des Etats-Unis", selon un conseiller de Donald Trump

En tournée diplomatique pour vendre le plan de paix israélo-palestinien de la Maison Blanche, Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, a rencontré le roi Mohamed VI à Rabat. L’occasion pour Washington de réaffirmer son alliance avec le royaume.

Le roi du Maroc Mohamed VI (C) et son fils, le prince héritier Moulay Hassan (D), partageant l\'Iftar, dîner de rupture du jeûne du ramadan, avec Jared Kushner (G), principal conseiller du président américain Donald Trump, le 28 mai 2019 au palais royal de Salé (Rabat).
Le roi du Maroc Mohamed VI (C) et son fils, le prince héritier Moulay Hassan (D), partageant l'Iftar, dîner de rupture du jeûne du ramadan, avec Jared Kushner (G), principal conseiller du président américain Donald Trump, le 28 mai 2019 au palais royal de Salé (Rabat). (- / MOROCCAN ROYAL PALACE)

Première étape d’une tournée diplomatique destinée à faire la promotion du plan de paix israélo-palestinien concocté par Donald Trump, Jared Kushner était le 28 mai 2019 à Rabat pour rencontrer le roi Mohamed VI.

L'adhésion de tous au "deal du siècle"

Gendre et conseiller du président américain, qui doit se rendre dans la foulée en Jordanie puis en Israël jusqu’au 31 mai, il a pour tâche de convaincre les alliés arabes des Etats-Unis qu’il s’agit là de "l’accord ultime" pour réussir là où républicains et démocrates ont échoué. Jared Kushner a l’intention de susciter l’adhésion de tous au plan dit "deal du siècle" (accord du siècle), y compris des Palestiniens en rupture avec Washington, avec la promesse d’un véritable développement économique.

Un argument auquel Mohamed VI, le roi du Maroc, ne peut qu’être sensible dans le contexte de crises économique et politique, de soulèvements et de changements que traverse l’Afrique du Nord.

C’est ainsi que Jared Kushner a eu un premier entretien avec le souverain chérifien à la résidence royale de Salé. Les discussions ont porté sur "les évolutions et les développements que connaît la région de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient", ainsi que sur le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et le Maroc, a indiqué à l'AFP un porte-parole du palais. Elles se sont tenues en présence d'un autre conseiller de Donald Trump, Jason Greenblatt, ainsi que, côté marocain, du conseiller du roi Fouad Ali El Himma et du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Dans la soirée, à l’issue du dîner de rupture du jeûne du ramadan, auquel s’est également joint le prince Moulay Hassan, le conseiller Greenblatt a résumé en quelques mots l’état des relations avec le royaume. Sur son compte Twitter, il s'est dit "honoré" d'avoir partagé ce repas "avec sa majesté le roi Mohammed VI", dont il a loué la "sagesse". "Le Maroc est un ami important et un allié des Etats-Unis", a-t-il déclaré.

"Le rôle historique de Rabat et Amman" 

Un rappel rassurant pour le monarque marocain, qui est aussi commandeur des croyants et surtout président du comité Al-Qods (Jérusalem), notamment depuis la reconnaissance de la ville sainte par Washington, en décembre 2017, comme capitale de l’Etat hébreu. Selon le site marocain le 1.ma, le "très influent" Jared Kushner a choisi le Maroc et la Jordanie comme premières étapes de sa tournée promotionnelle en raison de la position commune et intransigeante des deux monarchies sur le statut d’Al-Qods. 

"Cette position des deux souverains, leur a valu une guerre économique sourde de la part des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, sponsors du deal", rappelle ce site, estimant que la visite de Kushner "remet sur le devant de la scène le rôle historique de Rabat et Amman dans le processus de paix palestinien".

De son côté, le site algérien TSA souligne qu’en janvier 2019 des membres de la Republican Jewish Coalition (RJC) accompagnés d’autres lobbyistes américains pro-israéliens, s’étaient rendus discrètement à Rabat et Marrakech."Ils avaient rencontré, selon nos sources, outre Nasser Bourita, Habib El Malki et Hakim Benchamach", écrit TSA.

Un déminage du terrain sans doute, à l’initiative de Serge Berdugo, ambassadeur itinérant du roi Mohammed VI et secrétaire général de la communauté israélite du Maroc.