Coronavirus : au Maroc le déconfinement se fait au compte-gouttes

"Prudence est mère de sûreté" pourrait être la devise du royaume chérifien en cette période de pandémie.

Dans les grandes  villes du Maroc, comme ici à Rabat le 10 juin 2020, le confinement est encore très strict.
Dans les grandes  villes du Maroc, comme ici à Rabat le 10 juin 2020, le confinement est encore très strict. (FADEL SENNA / AFP)

Beaucoup de pays sortent du confinement qu'ils ont imposé à leurs concitoyens, mais le Maroc reste, lui, sur une ligne très restrictive. L'état d'urgence sanitaire est prolongé jusqu'au 10 juillet, ce qui a fait dire au chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani : "On a attendu trois mois et on pleurniche pour trois semaines de plus !"

Car le confinement imposé depuis le 20 mars au Maroc repose sur le découpage du pays en deux zones. La première concerne les régions les moins peuplées. Celles-ci reprennent une activité quasi normale. Les parcs ont rouvert, les habitants peuvent sortir à leur guise, et les coiffeurs ont retrouvé leurs ciseaux, comme en témoigne un reportage de l'Observateur à Settat, une ville à 50 km au sud de Casablanca.

Deux zones, deux vies

Dans la seconde zone rien ne change. Ce qui provoque la déception, voire la colère de ses habitants. Or, cette zone concerne Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger... soit 40% de la population du pays, la capitale, son cœur économique et le plus gros site touristique du royaume. C'est dans ces villes aussi que se concentrent 80% des cas de coronavirus.

Un comité de suivi mis en place dans chaque préfecture évalue la situation sanitaire toutes les semaines et peut reclasser les villes, mais aussi assouplir les mesures de confinement. Ainsi, selon le site internet le 360, le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit a annoncé une nouvelle étape à la fin de la semaine. A priori, les villes classées en zone 2 devraient bénéficier des mêmes allègements que dans la première. "Le ministre n'a cependant pas annoncé de nouvelles mesures pour les cafés, les restaurants et les plages", précise le 360. Ces derniers restent donc fermés.

Des signes de relâchement

Rien non plus ne filtre quant au trafic aérien, dont le secteur du tourisme est en grande partie tributaire. D'autant que le pays fait face à un rebond du nombre de cas, dans les deux zones, qui s'expliquerait selon le ministère de la Santé par un relâchement dans l'application des mesures de protection.

Une situation qui ne fait que renforcer la prudence des autorités marocaines. Jusqu'à ce jour, l'épidémie a été maîtrisée dans le royaume qui ne compte que 212 décès pour moins de 9 000 cas recensés.