Maroc. Trois mois de prison pour avoir rompu le jeûne en public

Le jeune homme a été condamné à trois mois de prison ferme pour n'avoir pas respecté le jeûne du ramadan.

Des Marocains partagent un repas à l\'aube avant une journée de jeûne, devant le parlement de Rabat (Maroc), le 8 septembre 2009.
Des Marocains partagent un repas à l'aube avant une journée de jeûne, devant le parlement de Rabat (Maroc), le 8 septembre 2009. (ABDELHAK SENNA / AFP)

AFRIQUE - Un jeune Marocain a été condamné mardi 28 août à trois mois de prison ferme pour avoir rompu publiquement le jeûne pendant le mois de ramadan, à Rabat (Maroc). "Il a été arrêté par la police alors qu'il était en train de manger dans la médina [la vieille ville] de Rabat. Le verdict a été rendu vendredi", a expliqué une source judiciaire proche du dossier à l'AFP.

"Au cours de son interrogatoire, il a affirmé qu'il avait accompli cet acte par conviction et que cela faisait partie de sa liberté individuelle", a indiqué Abdelhamid Amine, vice-président de l'Association marocaine des droits de l'Homme, joint par téléphone par l'AFP.

L'article 222 du code pénal marocain punit la rupture publique du jeûne pendant le mois de ramadan, d'une peine pouvant aller jusqu'à six mois de prison ferme. Le condamné peut toutefois faire appel de ce jugement.

Les jeunes se rebiffent

Pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une atteinte à la liberté de culte, des jeunes Marocains ont ouvert récemment sur Facebook un groupe baptisé "Masayminch" ("nous ne jeûnons pas", en arabe) pour "défendre le droit de ne pas jeûner pour les non-croyants".

Mais de nombreux groupes "Anti-Masayminch" ont également vu le jour sur le réseau social, preuve que la question divise encore au royaume chérifien, comme le raconte Slate Afrique.