Maroc : les manifestations continuent après la mort d'un vendeur de poisson

Des milliers de Marocains ont encore défilé lundi à Al Hoceima. Des mouvements, de moindre ampleur, ont également eu lieu à Rabat, Oujda et Setta.

Des manifestants défilent pour réclamer la lumière sur les circonstances de la mort du poissonnier Mouhcine Fikri, dimanche 30 octobre 2016, à Rabat (Maroc).
Des manifestants défilent pour réclamer la lumière sur les circonstances de la mort du poissonnier Mouhcine Fikri, dimanche 30 octobre 2016, à Rabat (Maroc). (MAXPPP)

Ils ont de nouveau battu le pavé au nom de la vérité et de la lutte contre la "hogra" (l'arbitraire). Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, lundi 31 octobre, à Al Hoceima, dans le nord du Maroc, après la mort de Mouhcine Fikri. Ce vendeur de poisson est mort vendredi dans cette ville du Rif, broyé par une benne à ordures alors qu'il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par la police.

Les rassemblements, organisés pour la quatrième journée consécutive, étaient de moins grande ampleur que ceux qui s'étaient tenus la veille. D'autres défilés ont eu lieu dans la capitale du royaume, Rabat, mais aussi à Oujda et Settat. A Casablanca, Marrakech et Rabat, des manifestations au ton plus politisé ont rassemblé des protestataires au cri de "Nous sommes tous Mouhcine".

APTN

Calmer la fronde avant la COP22

Au niveau national, une enquête a été ouverte dès le lendemain du drame. Dépêché dimanche à Al Hoceima par le roi Mohammed VI pour tenter de désamorcer la crise, le ministre de l'Intérieur Mohammed Hassad a exprimé "la compassion du souverain à la famille du défunt". Le roi s'est saisi directement du dossier et a donné des instructions "pour qu'une enquête minutieuse et approfondie soit diligentée", a précisé le ministre.

Après le drame, un "comité" a été formé localement, a indiqué un militant associatif cité par l'AFP. Cette organisation discute désormais avec les autorités sur plusieurs revendications concernant notamment la gestion du port et de la pêche, les interventions de la police, ou encore la marginalisation de la ville. 

A une semaine de l'ouverture à Marrakech de la conférence internationale sur le climat, la COP22, il y a urgence à éteindre le feu qui couve, alors que le Rif est traditionnellement une région frondeuse, aux relations difficiles avec le pouvoir central.