Mutinerie au Mali : le chef de l'ONU appelle à la libération "sans conditions" du président

Des militaires maliens ont pris le contrôle d'une garnison proche de Bamako, mardi, et ont arrêté le président et le Premier ministre du pays.

Le secrétaire général de l\'ONU, Antonio Guterres, le 28 février 2020 lors d\'une conférence de presse à New York, aux Etats-Unis.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, le 28 février 2020 lors d'une conférence de presse à New York, aux Etats-Unis. (TAYFUN COSKUN / ANADOLU AGENCY / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à la "libération immédiate et sans conditions" du président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, mardi 18 août. Plus tôt dans la journée, le président et son Premier ministre, Boubou Cissé, ont été arrêtés par des militaires maliens, au domicile du premier, tandis que des soldats ont pris le contrôle de la garnison de Kati, proche de Bamako. Antonio Guterres a également apporté son "plein appui" à l'Union africaine et à la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour parvenir à "une solution négociée" et "pacifique". Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali.

Le gouvernement malien appelle au dialogue. Avant son arrestation, le Premier ministre malien a demandé dans un communiqué aux militaires de "faire taire les armes", se disant prêt à engager avec eux un "dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus".

 La Cédéao se dit préoccupée. La Cédéao, médiatrice au Mali, a dit dans un communiqué suivre "avec une grande préoccupation" la situation. L'organisation régionale appelle "les militaires à regagner sans délai leurs casernes" et "rappelle sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel", invitant les "militaires à demeurer dans une posture républicaine".

  La France "condamne" la "mutinerie". La France "condamne avec la plus grande fermeté" la "mutinerie", a réagi mardi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, en appelant les militaires à "regagner sans délai leurs casernes". Emmanuel Macron s'est par ailleurs entretenu avec les chefs d'Etat de la région, et soutient la médiation de la Cédéao.

Une base militaire à l'origine du coup d'Etat de 2012. Le 21 mars 2012, alors que les rebelles touareg avaient lancé une offensive dans le nord du Mali et que les jihadistes affluaient des pays voisins, des soldats s'étaient mutinés dans le camp de Kati contre l'inaptitude du gouvernement à faire face à la situation. Sous la direction du capitaine Amadou Sanogo, ils avaient chassé le président Amadou Toumani Touré. Le coup d'Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés.

Une crise socio-politique depuis plusieurs mois. Le Mali est confronté depuis juin à une grave crise socio-politique. Une coalition hétéroclite d'opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), multiplie les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion. Cette crise est partie de l'invalidation d'une trentaine de résultats des législatives de mars-avril par la Cour constitutionnelle, dont une dizaine en faveur de la majorité du président Keïta.

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22h27 : L'ambassade de France au Mali continue à "éviter tout déplacement hors du domicile" à Bamako, où "des scènes de pillage sont rapportées en plusieurs endroits de la ville".

22h22 : La coalition d'opposition M5-RFP, à l'origine de manifestations de masse depuis juin pour la démission d'Ibrahim Boubacar Keita, apporte son soutien aux soldats à l'origine de la mutinerie. L'un de ses porte-parole affirme à Reuters qu'il ne s'agit pas d'un coup d'Etat militaire mais d'une insurrection populaire.

21h57 : @Jeffrey : Le président malien a jusqu'ici pu compter sur le soutien de la communauté internationale, et notamment de la France, qui s'appuie sur lui dans la lutte contre les jihadistes au Sahel. Ce qui n'a pas empêché quelques piques d'Emmanuel Macron, notamment au début de l'été, qui a publiquement évoqué son "impatience" de voir "IBK" s'activer davantage.

21h57 : Quelles étaient les relations entre Macron et IBK ?

21h54 : "Le secrétaire général [de l'ONU] condamne fermement ces actions et appelle au rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel et de l'Etat de droit au Mali", rapporte un porte-parole d'Antonio Guterres. Le chef des Nations unies apporte son soutien aux acteurs régionaux "dans leurs efforts de trouver une solution pacifique".

21h51 : L'ONU appelle à la "libération immédiate et sans conditions" du président malien et de membres de son gouvernement.

21h39 : Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence, demain, au sujet de la crise au Mali, selon une source diplomatique citée par l'AFP. La réunion se tiendra à huis clos à la demande de la France et du Niger, qui préside actuellement la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest.

21h26 : Vous n'avez pas suivi la crise politique qui secoue le pays cette année ? Le mois dernier, nous vous expliquions la contestation contre le président "IBK", qui a redoublé après les législatives organisées au printemps. "La population n'en peut plus", nous assurait une chercheuse de l'Iris.

21h21 : "L'Union européenne condamne la tentative de coup d'Etat en cours au Mali et rejette tout changement anti-constitutionnel."

Le chef de la diplomatie européenne affirme que la mutinerie initiée ce matin "ne peut en aucun cas être une réponse à la profonde crise socio-politique qui frappe le Mali depuis plusieurs mois".

21h11 : Un journaliste malien, qui collabore notamment avec l'AFP, publie les images de l'arrivée au camp militaire de Kati du président et du Premier ministre après leur arrestation par les mutins.

21h09 : La place de l'Indépendance de Bamako investie par des opposants au président, la résidence du ministre de la Justice incendié... Voici les premières images diffusées par France 2, tout à l'heure, dans le "20 heures".





21h02 : Le directeur de la communication du Premier ministre malien confirme l'arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta et du chef du gouvernement Boubou Cissé. Les deux dirigeants "ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati", ajoute-t-il.

20h47 : Que s'est-il passé dans le camp de Kati ? Selon un correspondant de l'AFP, les mutins ont pris le contrôle du camp et des rues adjacentes, avant de se diriger en convoi vers le centre de la capitale, où ils ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du chef de l'Etat. On vous raconte cette mutinerie dans cet article.

20h38 : La télévision publique ORTM a cessé d'émettre, selon plusieurs sources, dont un journaliste de la chaîne.

20h28 : Sur Twitter, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, condamne l'arrestation des principaux dirigeants maliens par des militaires en révolte. C'est la première évocation officielle de ces arrestations revendiquées par les mutins.

20h26 : L'Union africaine appelle à la "libération immédiate" du président et du Premier ministre maliens après l'annonce de leur arrestation.

20h04 : A l'heure de passer à table, voici un nouveau point sur l'actualité de ce mardi :

• Une mutinerie a éclaté au Mali, où des militaires ont pris possession d'un camp de l'armée près de Bamako. Un de leurs leaders a affirmé à l'AFP que le président et le Premier ministre avaient été arrêtés, ce qui n'a pas été confirmé officiellement à ce stade.

• Le port du masque en entreprise sera obligatoire à compter du 1er septembre, sauf dans les bureaux individuels, a annoncé la ministre du Travail, Elisabeth Borne, lors d'une réunion avec les partenaires sociaux.

• Après l'ouverture d'une enquête pour "viol par personne ayant autorité" à son encontre, l'ex-adjoint à la Culture Christophe Girard a annoncé qu'il se mettait en retrait du Conseil de Paris pour "mieux se défendre".

• H-1 avant le coup d'envoi de la demi-finale de la Ligue des champions entre Paris et Leipzig, deux équipes néophytes à ce stade de la compétition. "Nous sommes absolument prêts", assure l'entraîneur parisien Thomas Tuchel.

19h35 : De son côté, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, affirme sans pincettes que le président malien est "en fuite", avant de retweeter un message qualifiant Ibrahim Boubacar Keïta d'"autocrate".

19h29 : Selon l'Elysée, le président français a échangé avec ses homologues malien, nigérien, ivoirien et sénégalais. Il a exprimé "son plein soutien aux efforts de médiation en cours" menés par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.

19h26 : Emmanuel Macron "condamne la tentative de mutinerie en cours" et affirme s'être "entretenu" avec le président malien.

19h25 : A ce stade, nous n'avons aucune confirmation de source officielle sur les arrestations revendiquées par les mutins.

19h20 : L'arrestation survenue dans la résidence du président malien est confirmée par Jeune Afrique. Selon une autre source militaire citée par l'AFP, les deux têtes de l'exécutif malien "sont dans un blindé en route pour Kati", le camp militaire de la banlieue de Bamako où la mutinerie a débuté dans la matinée.

19h17 : Joint par l'AFP et s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un des chefs de la mutinerie affirme que le président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Boubou Cissé, ont été "arrêtés" en fin d'après-midi au domicile du chef de l'Etat à Bamako.

19h15 : Un chef de la mutinerie affirme que le président et le Premier ministre maliens ont été "arrêtés".

18h50 : @Eric : Nous n'avons aucune confirmation de ce qui reste, à ce stade, à l'état de rumeur. Cela a toutefois suffi à pousser des centaines d'habitants de Bamako à se rendre sur la place de l'Indépendance, épicentre d'un mouvement de protestation lancé en juin, pour demander la démission du président.



(MALIK KONATE / AFP)

18h48 : Bonsoir Franceinfo, le président malien Ibrahim Boubacar Keita aurait été arrêté par son armée , vous avec la confirmation ?

18h43 : "Il n'y a pas de raisons au-dessus de notre cher Mali qui vaillent des actes dont l'issue incertaine peut déboucher sur des actes dommageables pour la Nation entière."

Dans cette première réaction officielle diffusée sur Facebook, le chef du gouvernement qualifie les événements constatés "au niveau de deux camps militaires" de "mouvements d'humeur", qui "traduisent une frustration qui peut avoir des causes légitimes".




(LUDOVIC MARIN / AFP)

18h38 : Dans un communiqué, le Premier ministre Boubou Cissé demande aux militaires qui ont pris le contrôle d'une garnison dans la banlieue de Bamako de "faire taire les armes". Il se dit prêt à engager avec eux un "dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus".

18h32 : Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, "appelle au maintien de l'ordre constitutionnel" au Mali, après "la mutinerie qui s'est engagée aujourd'hui à Kati", à une quinzaine de kilomètres de Bamako, un "événement grave".

18h01 : Voici un nouveau point sur l'actualité de ce mardi :

Le port du masque en entreprise sera obligatoire sauf dans les bureaux individuels. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a informé les partenaires sociaux que cette mesure prendrait effet à partir du 1er septembre.

Une mutinerie est en cours au Mali, où des militaires ont pris possession d'un camp de l'armée près de Bamako et disent détenir des hauts gradés. La France et la Cédéao les exhortent "à regagner leurs casernes".

Le parquet de Paris ouvre une enquête pour "viol par personne ayant autorité" contre l'ancien adjoint à la culture à la mairie de Paris, Christophe Girard. Cette décision fait suite aux déclarations dans le New York Times d'un homme disant avoir été contraint à des relations sexuelles alors qu'il avait 16 ans, dans les années 1990.

L'heure de vérité approche pour le PSG, qui joue ce soir face à Leipzig une place en finale de la Ligue des champions. "Nous sommes absolument prêts", assure Thomas Tuchel.

17h53 : Ce matin des militaires en colère avaient tiré des coups de feu au camp de Kati, près de Bamako. Ils ont ensuite bouclé les accès de la garnison, selon un correspondant de l'AFP. L'un de ces militaires a affirmé qu'ils détenaient "plusieurs hauts gradés de l'armée". Plusieurs chancelleries occidentales ont fait état de l'arrestation de personnalités politiques, dont des ministres, mais ces informations n'ont pas pu être confirmées de sources officielles.

17h49 : La France condamne "avec la plus grande fermeté la mutinerie au Mali", et exhorte les militaires maliens "à regagner leurs casernes".

17h08 : De leur côté, les Etats de l'Afrique de l'Ouest dénoncent une "mutinerie" en cours à Bamako et appellent les militaires maliens à "regagner sans délai leurs casernes". Dans un communiqué, la Cédéao "rappelle sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et invite les militaires à demeurer dans une posture républicaine". "En tout état de cause, elle condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l'ordre constitutionnel."

17h07 : Bonjour @Adama. Il est très difficile de savoir exactement ce qu'il se passe au Mali aujourd'hui. Ce matin, des militaires maliens ont tiré des coups de feu en l'air au sein d'une base de l'armée près de Bamako. La situation a été jugée suffisamment préoccupante pour que les Etats-Unis réagissent en s'opposant "à tout changement extra-constitutionnel de gouvernement, que ce soit par ceux qui sont dans la rue ou par les forces de défense et de sécurité".

17h03 : Bonjour,Il y a un coup d'état au Mali ?

14h40 : Bonjour @Lou, la situation est confuse au Mali, où des soldats maliens ont tiré des coups de feu en l'air sur le camp militaire de Kati, près de Bamako. Ces faits ont été confirmés par le ministère malien de la Défense, mais a rejeté le terme de "mutinerie" évoqué par certaines sources. L'ambassade de France au Mali a recommandé la prudence et demande aux ressortissants de rester chez eux.

14h39 : Bonjour, il y aurait à priori un coup d'Etat en cours au Mali. Est-ce vrai?

12h29 : La situation semble tendue au Mali, où des soldats se seraient mutinés près de Bamako, selon plusieurs sources citées par l'agence Reuters. Un porte-parole de l'armée a indiqué que des coups de feu avaient été tirés sur la base de Kati, sans plus de précisions. Certaines ambassades craignent un coup d'Etat, indique un correspondant du journal Le Monde sur Twitter.