Mali : par décret, la junte fixe à deux ans le délai avant un retour des civils au pouvoir

Cette annonce survient après un sommet de la Cédéao et alors que des sanctions ont été prises pour contraindre la junte à proposer un calendrier de retour des civils au pouvoir.

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France Télévisions
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Le chef de la junte au pouvoir au Mali, le colonel Assimi Goïta, passe les troupes en revue, le 7 juin 2021, à Bamako.  (ANNIE RISEMBERG / AFP)

La junte qui gouverne le Mali s'est donnée lundi jusqu'à mars 2024 avant de rendre le pouvoir aux civils. Le colonel Assimi Goïta a signé, lundi 6 juin, un décret fixant à deux ans la durée de la période dite de transition, dont le début a été fixé au 26 mars dernier. Le chef de la junte l'a annoncé à la télévision d'Etat, au surlendemain d'un sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui a imposé le 9 janvier au Mali de sévères mesures de rétorsion commerciales et financières pour forcer la junte à présenter un calendrier "acceptable" de retour des civils au pouvoir.

La junte a pris par la force en août 2020 la direction de ce pays plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire, politique et humanitaire profonde. 

Un nouveau sommet de la Cédéao en juillet

Les colonels se sont dédits de leur engagement initial à céder la place à des civils après des élections programmées en février dernier. En début d'année, ils projetaient même de gouverner jusqu'à cinq années de plus. Avant le sommet de la Cédéao, alors que les sanctions accentuent la crise dans ce pays pauvre et enclavé, ils avaient ramené leurs prétentions à 24 mois, mais sans les formaliser comme ils l'ont fait lundi. Jusqu'alors la Cédéao a consenti au maximum à 16 mois.

A l'approche du sommet de samedi, la poursuite du dialogue entre la Cédéao et la junte avait suscité au Mali un certain espoir dans la levée des sanctions. Les dirigeants ouest-africains les ont en fait maintenues tout en gardant la porte ouverte à leur levée : ils ont renvoyé toute décision à un nouveau sommet le 3 juillet. Mais ils ont décidé de "continuer le dialogue afin de parvenir à un accord permettant une levée graduelle des sanctions à mesure que les étapes de la transition seront franchies". Il restera alors 20 mois et demi jusqu'à l'échéance fixée de mars 2024.

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