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Mali. Les islamistes durcissent le ton avant de discuter avec Bamako

Le groupe armé Ansar Dine réclame l'autonomie du nord du Mali et l'application de la charia, alors que des discussions avec Bamako sont fixées au 10 janvier.

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France Télévisions
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Algabass Ag Intalla, chef de la délégation d'Ansar Dine, lors des premières discussions avec Bamako, le 4 décembre 2012, à Ouagadougou (Burkina Faso). (AHMED OUOBA / AFP)

Avant les discussions, les revendications. Le groupe islamiste armé Ansar Dine, l'un des maîtres du nord du Mali, a réclamé l'autonomie et l'application de la loi islamique pour cette région au sein d'un Etat malien proclamé "islamique", avant des discussions avec le gouvernement de Bamako prévues jeudi 10 janvier, au Burkina Faso.

Défense de l'identité touareg et de la charia (loi islamique) : c'est le cœur de la "plateforme politique" remise le 1er janvier par une délégation d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne pour la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Dans ce document de 17 pages que s'est procuré l'AFP, le mouvement, composé en majorité de Touareg maliens, se livre à un réquisitoire contre les régimes maliens successifs qui ont traité, selon lui, les habitants du Nord en "citoyens de seconde zone".

Une concession : l'autonomie plutôt que la partition

Conscient que la communauté internationale est "hostile" à une partition du Mali, Ansar Dine renonce pour le moment à une sécession, revendication initiale du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touareg laïque. Les islamistes réclament en contrepartie une "large autonomie", dans le cadre d'un Etat malien qui proclamerait dans sa Constitution son "caractère islamique". Car, selon l'organisation armée, "le peuple malien est musulman à plus de 95%".

Une revendication : la charia est "non négociable"

Ainsi, dans le Nord, l'application "stricte" de la charia est même "un impératif non négociable", explique le groupe, qui justifie les châtiments corporels mais promet de tenir compte de "l'air du temps".

Cette "plateforme politique" risque de fâcher le gouvernement malien, pour lequel l'intégrité du territoire du Mali et la laïcité de l'Etat sont des pierres angulaires. Si une "autonomie" du Nord peut, a priori, ne pas être un casus belli, trouver un terrain d'entente sur la charia paraît pour l'heure impossible.

Une accusation : le pouvoir n'est pas prêt au dialogue

Sous la pression du Burkina Faso et de l'Algérie, les deux pays médiateurs, Ansar Dine avait annoncé fin 2012 renoncer à appliquer la charia dans tout le Mali pour se concentrer sur ses zones d'influence. Le groupe s'était par ailleurs déclaré ouvert à la discussion, avant de retirer, jeudi, son offre de cessation des hostilités, accusant le pouvoir malien de ne pas être prêt au dialogue.

Il faudra attendre le 10 janvier pour voir si les discussions sont possibles entre les islamistes du nord et le pouvoir central de Bamako : le président Compaoré a invité les émissaires de Bamako, d'Ansar Dine et du MNLA à Ouagadougou pour de nouvelles discussions. Il s'agira du second rendez-vous après les premières discussions directes qui s'étaient tenues dans la capitale burkinabè, le 4 décembre 2012.

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