Mali : l'opposition se félicite du coup d'Etat et annonce qu'elle travaillera avec la junte à l'élaboration d'une transition politique

Elle s'est dit prête à fêter vendredi "la victoire du peuple malien".

Des manifestants, lors d\'un rassemblement organisé par la coalition d\'opposition M5-RFP, à Bamako (Mali), le 11 août 2020.
Des manifestants, lors d'un rassemblement organisé par la coalition d'opposition M5-RFP, à Bamako (Mali), le 11 août 2020. (ANNIE RISEMBERG / AFP)
Ce qu'il faut savoir

La coalition d'opposition malienne, le M5-RFP, s'est félicitée, mercredi 19 août, du coup d'Etat militaire, estimant qu'il avait "parachevé" sa lutte pour obtenir le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta. Elle s'est dit prête à élaborer avec la junte une transition politique, et à fêter vendredi "la victoire du peuple malien".

 Démission du président. "Je voudrais (...) vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment." Président du Mali depuis 2013, Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé sa démission, dans la nuit du mardi à mercredi, peu après son arrestation par des militaires, en compagnie de son Premier ministre et d'autres responsables du gouvernement. "Si aujourd'hui, certains éléments de nos forces armées veulent que cela prenne fin via leur intervention, ai-je vraiment le choix ?", a-t-il déclaré. Le chef de l'Etat, surnommé IBK, était visé depuis plusieurs mois par un mouvement de contestation populaire.

Les militaires promettent une transition civile. Ibrahim Boubacar Keïta a précisé que sa démission entraînait également la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale. Mercredi matin, dans une autre allocution télévisée, les putschistes ont appelé à ce que cette transition conduise à des élections dans un "délai raisonnable", et annoncé la création d'un Comité national pour le salut du peuple.

Le chef de la junte se présente. Un officier malien, le colonel Assimi Goita, s'est présenté mercredi comme le chef de la junte qui a renversé la veille le président. "Le Mali se trouve dans une situation de crise socio-politique, sécuritaire. Nous n'avons plus le droit à l'erreur. Nous, en faisant cette intervention hier, nous avons mis le pays au-dessus [de tout], le Mali d'abord", a-t-il dit, entouré de militaires armés.

La communauté internationale condamne. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à la "libération immédiate et sans conditions" du président malien, et son Conseil de sécurité se réunira en urgence mercredi. Emmanuel Macron a exprimé son soutien à la médiation tentée par les pays voisins. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a dénoncé ce qu'elle qualifie de "putsch" et a fermé les frontières de ses autres Etats membres avec le Mali. L'Union européenne a elle aussi appelé mercredi à la libération "immédiate" des prisonniers et au "retour de l'Etat de droit" au Mali.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #MALI

00h20 : Ce direct reprendra à 6 heures, heure de Paris. Voici les principaux titres de la soirée :

• La France a enregistré plus de 3 700 nouveaux cas positifs en 24 heures, un record depuis le déconfinement. Nice et Toulouse vont devenir, jeudi et vendredi, les deux premières grandes villes à rendre le port du masque obligatoire partout en extérieur.

• Au lendemain du coup d'Etat militaire salué par l'opposition comme "la victoire du peuple malien", la France a réclamé la "libération immédiate" des dirigeants arrêtés par les putschistes. Ces derniers ont dit vouloir "transmettre rapidement le pouvoir".

Le domicile du ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt, a été perquisitionné dans le cadre d’une enquête pour "corruption" et "prise illégale d'intérêts". "C'est normal et cela permettra de démontrer qu'il n'y a rien à me reprocher", a-t-il réagi.


• Malgré une belle entame de match, Lyon a subi la loi du Bayern Munich en demi-finale de la Ligue des champions (3-0). "Toutes et tous derrière le PSG", dimanche, en finale, pour que "la mythique coupe retrouve le sol français", a réagi Emmanuel Macron.

23h02 : L'une des figures de l'opposition à "IBK", l'imam conservateur Mahmoud Dicko, entend désormais se "retirer" de la politique, selon son porte-parole, cité par l'agence Reuters après une rencontre entre le leader religieux et les meneurs de la junte.

22h59 : Dans son premier communiqué depuis le coup d'Etat, la coalition d'opposition M5-RFP "se félicite de la démission" du président Ibrahim Boubacar Keïta et annonce qu'il prendra part à "l'ouverture d'une transition républicaine et l'élaboration d'une feuille de route" avec les putschistes et "toutes les forces vives du pays".

22h42 : Sur note antenne, le journaliste Antoine Glaser souligne que les militaires à l'origine du coup d'Etat "savaient très bien que la rue serait de leur côté", après l'échec ces dernières semaines du mouvement de contestation populaire et de la médiation régionale entre le président et la rue.

22h40 : La coalition d'opposition M5-RFP, qui réclamait depuis des mois le départ du président malien, annonce qu'elle fêtera vendredi "la victoire du peuple malien" après le coup d'Etat survenu hier.

21h05 : A la suite d'une réunion d'urgence à huis clos, le Conseil de sécurité de l'ONU appelle les soldats mutinés à "regagner sans délai leurs casernes" et à libérer "immédiatement" tous les dirigeants arrêtés.

21h01 : Une première réunion entre les responsables de la junte et les responsables de l'administration malienne a eu lieu en fin de journée. Objectif : "assurer la continuité du service".

20h55 : On connaît désormais le nom et le visage du nouvel homme fort du Mali. Le colonel Assimi Goita déclare être le chef de la junte qui a renversé, hier, le président Ibrahim Boubacar Keïta.

20h48 : Emmanuel Macron dénonce un coup d'Etat "pas acceptable" qui va "provoquer l'instabilité et affaiblir notre combat" au Sahel.

20h03 : Avant peut-être de passer à table, voici un nouveau point sur l'actualité de ce mercredi :

• Au lendemain du coup d'Etat militaire qui a entraîné la démission du président malien, la France "appelle au rétablissement sans délai d’un pouvoir civil" dans le pays et réclame la "libération immédiate" des dirigeants arrêtés par les putschistes.

• Toulouse va devenir la première grande ville française à rendre le port du masque obligatoire en extérieur sur tout son territoire. La mesure entrera en vigueur dès vendredi. Suivez notre direct sur l'évolution de l'épidémie.

Le domicile du ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt, a été perquisitionné dans le cadre d’une enquête pour "corruption" et "prise illégale d'intérêts". "C'est normal et cela permettra de démontrer qu'il n'y a rien à me reprocher", a-t-il réagi.

L'OL va-t-il rejoindre le PSG en finale de la Ligue des champions ? La demi-finale de Lyon face au redoutable Bayern Münich débute dans une petite heure. Le maire lyonnais appelle ses administrés à "célébrer de manière responsable", en respectant les gestes barrières.

19h57 : "Nous osons espérer que ça sera un nouveau départ pour le Mali."

Dans cet article consacré au ressenti des Maliens de France sur le coup d'Etat dans leur pays d'origine, Demba Diabira affirme que "ce n'était pas une surprise" : "depuis un certain temps, nous avons vu que le pays était plongé dans une crise sociopolitique majeure".

19h52 : Prenant "acte" de la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, "encourage toutes les forces politiques et sociales au dialogue pour trouver une solution à la crise profonde que traverse le pays".

19h48 : La France "appelle au rétablissement sans délai d’un pouvoir civil" au Mali et réclame la "libération immédiate" des dirigeants arrêtés par les putschistes.

19h46 : Pour la cheffe du service Afrique de Courrier international, le coup d'Etat au Mali "crée le terreau pour une plus grande déstabilisation sécuritaire" de la région. Elle souligne que l'arrivée des jihadistes dans le nord du pays en 2012 faisait "suite déjà à un coup d'Etat".




(ANNIE RISEMBERG / AFP)

19h25 : "Cela faisait un moment que les diplomates français, et étrangers de façon générale, ne cachaient pas le fait qu'ils estimaient que Ibrahim Boubacar Keïta était un peu, d'une certaine façon, à côté de la plaque, un peu faible dans son pays."

Cette spécialiste du continent africain rappelle que le président malien, "allié de Paris" dans le combat contre les terroristes au Sahel, était fragilisé sur la scène internationale.

19h02 : L'Union africaine annonce avoir suspendu le Mali "jusqu'au retour de l'ordre constitutionnel" dans le pays. Elle réclame la libération des dirigeants arrêtés par l'armée hier.

18h52 : Au lendemain du coup d'Etat qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta et son gouvernement, la junte qui a pris le pouvoir appelle les Maliens à "vaquer librement à leurs occupations". Le Comité national pour le salut du peuple, créé par les putschistes, assure que l'action des militaires a fait "zéro mort".

17h48 : Les militaires qui ont pris le pouvoir mardi après avoir arrêté et poussé à la démission le chef de l'Etat sont menés par des officiers peu connus, et réclament notamment davantage de moyens et des changements politiques. Qui sont ces putschistes et pourquoi ont-ils renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta ? Eléments de réponse dans cet article.




(AFP)

17h06 : "Ce coup de force militaire était sans doute la seule façon de sortir d'une grave impasse politique."

Dans une interview accordée à franceinfo, le chercheur Serge Michaïlof revient sur le coup d'Etat qui a éjecté le président malien du pouvoir hier. "En sept ans au pouvoir, le président Ibrahim Boubacar Keïta a été incapable de reconstruire l'armée et le système régalien malien. Le niveau de corruption avait atteint des sommets avec son fils sérieusement impliqué", observe-t-il.

15h59 : L'Union africaine condamne le "changement inconstitutionnel" de gouvernement au Mali et exige la "libération immédiate" du président Keita, arrêté par l'armée.

15h45 : L'UE appelle à la libération "immédiate" des prisonniers, annonce Charles Michel, après le coup d'Etat qui a renversé le président malien hier.

14h34 : Bonjour . A notre connaissance, l'imam Dicko n'a pas réagi au coup d'Etat militaire qui a renversé hier le président Keita. Hier matin (avant le putsch), RFI avait publié une interview dans laquelle l'imam assurait n'être pas candidat à la prochaine élection présidentielle en 2023.

14h34 : Rebonjour, je réessaie une question à propos du Mali. Je vous que les motifs de la révolte se précisent après une soirée d'angoisse (j'ai des amis sur place qui ne comprenaient pas ce qu'il se passait). Je souhaitais vous demander si l'imam Dicko qui soutenait un versant populaire de l'opposition et les grandes manifestations de juin avait pris position à la suite de ces événements ?Merci pour votre couverture des événements hier soir, malgré le match de foot importent, et pour votre travail en général.

14h52 : Le coup d'Etat au Mali illustre l'amertume d'une armée humiliée par les terroristes. Cette action des militaires haut gradés peut s'expliquer par l'impuissance de l'armée à contrer le terrorisme qui prend ses aises dans le pays. Les précisions de notre journaliste Jacques Deveaux.



(MALIK KONATE / AFP)

14h06 : Voici un nouveau point sur l'actualité de ce mercredi.

• Le port du masque va être rendu obligatoire dans certains quartiers de Lyon à partir de samedi, ainsi que dans toute la ville de Toulouse dès vendredi. Dans les entreprises, où la mesure prendra effet le 1er septembre, le non-port du masque pourra être considéré comme une faute du salarié, prévient le gouvernement.


Après une mutinerie de militaires qui s'est transformée en coup d'Etat, le président Keïta a annoncé dans la nuit sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l'Assemblée nationale. Les militaires qui ont pris le pouvoir appellent maintenant à une transition politique civile conduisant à des élections. Suivez notre direct.


Svetlana Tikhanovskaïa appelle l'Union européenne à rejeter les résultats de la présidentielle en Biélorussie. Les Vingt-Sept sont réunis en ce moment pour un Conseil européen consacré à la situation dans le pays.

Le PSG s'est qualifié pour la finale de la Ligue des champions pour la première fois de son histoire, après sa nette victoire face à Leipzig (3-0). C'est désormais Lyon qui va tenter de relever un immense défi en demi-finale face au Bayern Munich, ce mercredi soir.

13h30 : Dans les rues du centre de Bamako, la présence des soldats n'est pas visible et les gens vaquent à leurs occupations. Les administrations et les banques sont en revanche fermées. Les putschistes ont par ailleurs annoncé la fermeture des frontières et l'instauration d'un couvre-feu, tout en rassurant la communauté internationale sur leurs intentions.

13h23 : Le calme règne ce matin à Bamako au lendemain du coup d'Etat militaire qui a contraint Ibrahim Boubacar Keïta à la démission, mais la ville porte les stigmates des troubles de la veille. Voici par exemple à quoi ressemble l'immeuble de l'ex-ministre de la Justice, Kassim Tapo, attaqué et incendié par des gens en colère.





(ANNIE RISEMBERG / AFP)

12h10 : Après le coup d'Etat et la démission du président malien, l'ambassade de France au Mali affirme que la situation est calme ce matin à Bamako, mais conseille de "limiter les déplacements, d'éviter les mouvements de foule et de se tenir informé de l'évolution de la situation".

12h00 : A midi, voici un nouveau point sur l'actualité :

• Le port du masque en entreprise sera obligatoire à compter du 1er septembre, sauf dans les bureaux individuels, a annoncé la ministre du Travail, Elisabeth Borne, lors d'une réunion avec les partenaires sociaux.


Après une mutinerie de militaires qui s'est transformée en coup d'Etat, le président Keïta a annoncé dans la nuit sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l'Assemblée nationale. Les militaires qui ont pris le pouvoir appellent maintenant à une transition politique civile conduisant à des élections. Suivez notre direct.


Svetlana Tikhanovskaïa appelle l'Union européenne à rejeter les résultats de la présidentielle en Biélorussie.

Le PSG s'est qualifié pour la finale de la Ligue des champions pour la première fois de son histoire, après sa nette victoire face à Leipzig (3-0). C'est désormais Lyon qui va tenter de relever un immense défi en demi-finale face au Bayern Munich, ce mercredi soir.

11h47 : L'arrestation, puis la démission forcée, du président Ibrahim Boubacar Keïta sont diversement appréciées par les journaux maliens, entre soulagement et inquiétude. "C’est tout de même un paradoxe de voir une grande partie de la population soutenir ou encore pousser les militaires à prendre le pouvoir, tandis que le Mali peine toujours à sortir du coup d’Etat de 2012", estime ainsi un blog. On vous en dit plus dans cet article.

10h02 : "Il ne faut pas faire d'ingérence, ni au Mali, ni ailleurs. (...) Il faut laisser le peuple faire et il faut se porter garant de cela."

Sur France Inter, Adrien Quatennens critique les prises de parole d'Emmanuel Macron au sujet de la situation au Mali. Le président a exprimé hier "son plein soutien aux efforts de médiation en cours de la Cédéao [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest]".

08h44 : Bonjour @Tom. Nous sommes justement en train de préparer un article sur cette question. Pour l'instant, je peux vous dire qu'un homme se présente comme le porte-parole des militaires : le colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air.

La mutinerie a éclaté hier matin dans la garnison militaire de Kati, près de Bamako. Des soldats ont ensuite fraternisé avec des manifestants qui réclament depuis des mois la démission du président Keïta. Ce mouvement de protestation est composé d'une coalition hétéroclite d'opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile.

08h43 : A-t-on une idée de qui dirige les mutins ?

08h15 : Bonjour . brahim Boubacar Keïta a été élu à la présidence de la République du Mali en 2013 et réélu en 2018. Lors de cette dernière élection, il avait obtenu 67,16% des suffrages au second tour, contre 32,84% pour son principal opposant, Soumaïla Cissé. Mais ce dernier avait dans un premier temps rejeté les résultats, en les qualifiant de "mascarade" et de "fruit pourri d'une fraude honteuse".

08h15 : Le président malien avait-il été élu démocratiquement ? N'y a-t-il pas de soupçon de corruption et de détournement de fonds à son encontre ?Merci

08h04 : A 8 heures, voici un nouveau point sur l'actualité :

Après une mutinerie de militaires qui s'est transformée en coup d'Etat, le président Keïta a annoncé dans la nuit sa démission, la dissolution du gouvernement et celle de l'Assemblée nationale. Les militaires qui ont pris le pouvoir appellent maintenant à une transition politique civile conduisant à des élections. Suivez notre direct.


• Joe Biden a été officiellement investi par les démocrates pour la présidentielle américaine le 3 novembre où il affrontera Donald Trump. Il doit accepter cette nomination jeudi, lors du discours de clôture de la convention qui fera entrer la campagne électorale dans le vif du sujet.


• Le PSG s'est qualifié pour la finale de la Ligue des champions pour la première fois de son histoire, après sa nette victoire face à Leipzig (3-0). C'est désormais Lyon qui va tenter de relever un immense défi en demi-finale face au Bayern Munich, ce mercredi soir.

• Le port du masque en entreprise sera obligatoire à compter du 1er septembre, sauf dans les bureaux individuels, a annoncé la ministre du Travail, Elisabeth Borne, lors d'une réunion avec les partenaires sociaux

07h53 : Bonjour @Rascual. Vous avez raison de vous poser la question. La France a 5 100 militaires déployés au Sahel dans le cadre de l'opération antijihadiste Barkhane. Mais les mutins se sont voulus rassurants sur ce point. "Tous les accords passés" seront respectés, assure le porte-parole des militaires, le colonel-major Ismaël Wagué. "La [mission de l'ONU] Minusma, la force Barkhane, le G5 Sahel, la force Takuba [un groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat] demeurent nos partenaires", a-t-il affirmé.