Mali : la junte militaire compte rester trois ans au pouvoir au sein d'un gouvernement de "transition"

La junte militaire, qui a forcé le président Ibrahim Boubacar Keïta à démissionner, a annoncé qu'il pourrait retrouver la liberté.

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France Télévisions
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Des chefs militaires maliens accueillent l'ancien président nigérian à l'aéroport de Bamako, avant une réunion entre des chefs militaires maliens et une délégation de la Cédéao, le 22 août 2020. (ANNIE RISEMBERG / AFP)

Quand les Maliens retrouveront-ils un pouvoir politique stable ? Selon des participants aux négociations, la junte militaire qui a pris le pouvoir dans un coup d'Etat a annoncé dimanche 23 août une transition de trois ans dirigée par un militaire et a accepté de libérer le président déchu Ibrahim Boubacar Keïta, qu'elle détient depuis mardi.

Un membre de la junte a confirmé à l'AFP cette période de transition de trois ans "avec un président militaire et un gouvernement en majorité composé de militaires". L'objectif des militaires est de "revoir les fondements de l'Etat malien", d'après une source de l'AFP au sein de la délégation de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui négocie avec la nouvelle équipe au pouvoir à Bamako. 

Un président contesté dans la rue depuis juin

Selon cette source, la junte a donné son accord pour "libérer le président Keïta", qu'elle détient depuis le coup d'Etat de mardi, "qui pourra repartir à son domicile" de Bamako. "Et s'il souhaite voyager pour des soins, il n'y a pas de problème", a-t-elle précisé. 

Ibrahim Boubacar Keïta avait été contraint d'annoncer sa démission dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été arrêté par des militaires. Au pouvoir depuis 2013 et réélu en 2018, le président malien était fortement contesté dans la rue depuis le mois de juin, à l'appel d'un mouvement d'opposition hétéroclite qui réclamait son départ.

Quant au Premier ministre Boubou Cissé, arrêté en même temps que le président Keïta et détenu dans le camp militaire de Kati, "nous avons obtenu de la junte qu'elle accepte qu'il soit dans une résidence sécurisée à Bamako", a ajouté ce participant aux négociations.

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