Mali : la famille d'Olivier Dubois, journaliste retenu en otage depuis un an, déplore "le silence le plus total" sur sa situation

Le journaliste, seul otage français dans le monde, est retenu par un groupe jihadiste au Mali depuis un an. Le quai d'Orsay assure déployer "tous les efforts" pour le libérer.

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Capture écran d'une vidéo non authentifiée montrant le journaliste français Olivier Dubois, le 13 mars 2022. (AFP)

Un triste anniversaire. Seul otage français recensé dans le monde, le journaliste Olivier Dubois, collaborateur de Libération, Le Point et Jeune Afrique, est retenu par un groupe jihadiste au Mali depuis un an. Il avait lui-même annoncé son enlèvement dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021.

Il y expliquait avoir été kidnappé le 8 avril à Gao, dans le nord du Mali, par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda. Dans un communiqué diffusé jeudi 7 avril, le ministère des Affaires étrangères assure que "tous les efforts sont déployés, sans relâche, par les différents services compétents de l'État pour obtenir sa libération".

"Un an de néant"

Le dernier signe de vie d'Olivier Dubois est une vidéo publiée le 13 mars dernier. Dans ce document non authentifié, un homme qui semble être Olivier Dubois apparaît face caméra et appelle le gouvernement français à "continuer de faire son possible pour œuvrer" à sa libération. "Quand ça tourne mal ici, je ne manque pas de penser que le printemps arrivera", ajoute-t-il, après avoir adressé un message à ses proches. 

"Ce n'est pas un deepfake. Je suis sûre à 10 000% que c'est mon frère sur l'image, c'est le langage qu'il utilise pour s'exprimer", confie sa sœur Canèle Bernard à franceinfo. Après un an de combat pour obtenir la libération de son frère, elle continue de déplorer l'absence de communication du Quai d'Orsay. "C'est un an de néant", résume-t-elle.

"Quand nous appelons la cellule de crise du Quai d'Orsay, que les questions soient simples ou compliquées, rien n'en ressort."

Canèle Bernard, sœur d'Olivier Dubois

à franceinfo

La famille d'Olivier Dubois a été reçue à deux reprises au ministère des Affaires étrangères, sans obtenir d'informations concrètes sur la localisation du journaliste ou sur son état de santé, raconte Canèle Bernard. "A chaque fois, ces rencontres ont eu lieu après des interventions dans les médias. Ce qui nous embête, c'est de devoir passer par la presse pour avoir une réaction du gouvernement, lâche-t-elle. Pourquoi est-ce que le silence est le plus total sur sa situation ?"

"La discrétion est une condition essentielle"

Canèle Bernard estime que les preneurs d'otages cherchent un contact avec le gouvernement français. Elle dénonce l'inertie de Paris. "En un an, deux preuves de vie ont été diffusées. Pour nous, c'est clairement un appel du pied des ravisseurs pour communiquer", poursuit-elle.

A ce sujet, le Quai d'Orsay reste ferme. "En matière d'enlèvement à caractère terroriste, la discrétion est une condition essentielle de l'efficacité de l'action de l'Etat et de la sécurité de nos compatriotes détenus en otage", ;écrit le ministère dans un communiqué, assurant maintenir "un contact très étroit avec tous les membres de la famille d'Olivier Dubois" et "leur transmet[tre] toutes les informations qu'il est en mesure de partager".

Une vidéo et une pétition de soutien

Malgré les faibles avancées connues, les proches d'Olivier Dubois entendent "faire du bruit", vendredi, pour que la situation du journaliste ne soit pas oubliée. Sa famille a réalisé une vidéo pour sensibiliser le public. Mise en ligne sur YouTube, elle montre les visages de personnalités françaises comme les journalistes Elise Lucet, Gilles Bouleau et Florence Aubenas (elle-même otage en Irak en 2005), le groupe de rap IAM ou l'acteur Yvan Attal.

Cette vidéo s'achève sur un appel à signer une pétition pour la libération d'Olivier Dubois, lancée le 6 janvier, qui revendique plus de 82 000 signatures. "Je comprends qu'Olivier Dubois ne soit pas la préoccupation première des Français, mais c'est leur compatriote", reprend Canèle Bernard.

"Il n'y a pas que le métier de journaliste qui aurait pu le conduire dans cette situation, il aurait pu être humanitaire, chef d'entreprise. Il est victime du jihadisme, qui n'a pas de frontières."

Canèle Bernard

à franceinfo

Parallèlement, une banderole de soutien sera dévoilée à Montpellier vendredi à 18 heures par Reporters sans frontières (RSF), après 19 autres villes ces derniers mois. Une marche est aussi organisée vendredi à Metz.

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