Mali. 2 000 soldats ouest-africains déployés d'ici 10 jours

Des combats "au corps à corps" opposent soldats français et combattants islamistes à Diabali, à 400 km au nord de la capitale, Bamako.

Des soldats français conduisent un blindé vers Mopti (Mali), le 15 janvier 2013.
Des soldats français conduisent un blindé vers Mopti (Mali), le 15 janvier 2013. (JEROME DELAY/AP/SIPA)

Les renforts arrivent. Quelque 2 000 soldats de la force d'intervention ouest-africaine au Mali sont attendus d'ici le 26 janvier à Bamako, avec l'arrivée jeudi d'un premier contingent nigérian, a appris l'AFP mercredi 16 janvier auprès d'un officier malien.

Les soldats français, engagés pour la première fois au sol au Mali, ont poursuivi quant à eux leur remonté vers le nord du pays. Objectif : empêcher une avancée des islamistes vers la capitale, Bamako, dans le sud, et déstabiliser les combattants islamistes contre lesquels Paris est entré en guerre le 11 janvier. Francetv info fait le point sur la situation au sixième jour de l'intervention française. 

Des troupes nigérianes sur place dès demain

 

Les chefs d'état-major de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont réunis mardi et mercredi dans la capitale malienne pour étudier leur engagement militaire au Mali. "L'urgence requiert que tout s'accélère pour que deux mille hommes du contingent de la Misma [Force internationale de soutien au Mali] gagnent Bamako avant le 26 janvier", indique un document des participants à la rencontre que l'AFP a pu consulter. "Nous sommes convenus pour un début de mobiliser 2 000 hommes. Les choses vont aller vite, puisque dès demain, l'armée nigériane enverra son premier contingent", a déclaré à l'AFP le commandant Abdoulaye Diakité.

Le Nigeria doit fournir 900 hommes. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun d'environ 500 hommes, le Bénin 300, la Guinée et le Ghana plus de 100 chacun. Le Tchad, qui ne fait pas partie de la Cédéao, a aussi promis un contingent d'un volume indéterminé

L'arrivée des premiers éléments nigérians était initialement prévue pour mercredi, avait affirmé mardi le porte-parole des armées du Nigeria. "Les troupes des autres pays suivront rapidement. Toutes les phases pour aller libérer le nord du Mali ont été arrêtées, mais c'est évident qu'on ne peut en dire plus", a-t-il ajouté."Pour la réussite de la mission, il est nécessaire de coordonner toutes les actions avec les forces françaises", poursuit le document.

Les militaires français lancés vers le nord

L'armée française a par ailleur lancé l'opération au sol, nouvelle phase de la mission Serval. Cette progression vers le nord constitue une nouvelle étape dans l'engagement français, après des raids aériens menés depuis le 11 janvier dans le centre et le nord du pays.

Des centaines de soldats maliens et français sont arrivés mercredi matin à Diabali, ville située à 400 km au nord de Bamako, prise lundi par les islamistes et bombardée à plusieurs reprises le lendemain par l'aviation française. Des combats "au corps à corps" y opposent soldats français des forces spéciales et combattants islamistes, ont indiqué deux sources de sécurité. "L'armée malienne est également sur les lieux", a expliqué une source de sécurité malienne.

Dans cette zone, située à proximité de la frontière avec la Mauritanie, "nous avons les groupes les plus durs, les plus fanatiques, les mieux organisés, les plus déterminés et les mieux armés", a souligné Jean-Yves Le Drian. "On a affaire à plusieurs centaines, plus d'un millier de terroristes (…), avec peut-être des renforts demain", a-t-il ajouté.

Les villes de Bamako, Ségou, Markala, Diabala (Mali), où les soldats français sont présents.
Les villes de Bamako, Ségou, Markala, Diabala (Mali), où les soldats français sont présents. (GOOGLE MAPS / FRANCETV INFO)
 

Une centaine de soldats français circulant dans une vingtaine de blindés sont arrivés mercredi matin à Markala, près de Ségou, à 120 km au nord-est de Bamako, afin d'y sécuriser un pont sur le fleuve Niger et en empêcher l'accès aux islamistes, a constaté un journaliste de l'AFP. De source militaire française, on précise que des combattants islamistes armés se trouvent à environ 80 km au nord de Markala. Dans la zone de Konna, à 700 km au nord-est de Bamako, les islamistes qui avaient pris la ville le 10 janvier, déclenchant l'intervention française, sont toujours présents, contrairement aux affirmations de l'armée malienne, a indiqué Jean-Yves Le Drian.

2 500 soldats français seront déployés à terme

Plus de 800 soldats français sont d'ores et déjà déployés au Mali, et leur nombre devrait à terme s'élever à 2 500 soldats. François Hollande a néanmoins rappelé lors d'une conférence de presse, mardi à Dubaï, que la France n'avait pas "vocation à rester au Mali" et qu'une force militaire ouest-africaine de quelque 3 300 hommes doit prendre le relais des troupes françaises. Le Nigeria doit fournir 900 hommes, et les premiers doivent théoriquement arriver mercredi, selon Abuja. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal ont également annoncé l'envoi d'environ 500 hommes, le Bénin 300, la Guinée et le Ghana une centaine chacun.