Mali. "Tout n'est pas totalement sécurisé" dans le nord du Mali, dit Laurent Fabius

Islamistes et armées malienne et française se sont affrontés dans les rues de la principale ville du nord du Mali. 

Un soldat français patrouille dans Gao, dans le nord du Mali, le 10 février 2013. 
Un soldat français patrouille dans Gao, dans le nord du Mali, le 10 février 2013.  (PASCAL GUYOT / AFP)

Les combats se sont déroulés en pleine ville. Soldats maliens et islamistes s'affrontent dimanche 10 février dans le centre de Gao, la plus grande ville du nord du Mali, récemment reprise par les militaire français et maliens aux groupes islamistes armés. Selon un journaliste de la BBC sur Twitter (lien en anglais), l'artillerie française bombarde les combattants islamiste en renfort de l'armée malienne. 

Francetv info revient sur cette première offensive des islamistes depuis la reprise de la ville par les militaires maliens et français, fin janvier.

Comment s'est déroulée l'attaque ? 

Il s'agit de la première attaque contre une ville récemment reprise par les soldats français et maliens. 

"Des islamistes se sont retranchés dans le commissariat [qui faisait office de siège de la police islamique quand les jihadistes occupaient Gao].Quand des soldats maliens sont arrivés, ils leur ont tiré dessus, a raconté un témoin des échanges de tirs. Des renforts maliens sont arrivés, ils sont été pris à partie par des islamistes dissimulés dans les bâtiments alentours."

"Certains d'entre eux se sont infiltrés par le fleuve, d'autres avec des motos sur les grands axes", a précisé  le colonel Mamadou Sanake de l'armée malienne.

L'armée française est-elle intervenue ?

Toujours selon le témoin cité par l'AFP, "après des échanges de tirs nourris, l'armée française est intervenue". Interrogé sur BFM TV, le ministre des Affaires Étrangères Laurent Fabius, a pour sa part évoquer "des incidents". "Je ne sais pas comment il faut les qualifier", a-t-il ajouté, prévenant que "tout n'est pas totalement sécurisé" dans le nord du Mali. 

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le témoin cité par l'AFP a par ailleurs affirmé avoir vu un cadavre, "probablement un civil tué par une balle perdue." Enfin, l'état-major a indiqué en début de soirée qu'une cinquantaine de journalistes avaient été évacués du centre de Gao par l'armée française.

Les islamistes ont-ils été repoussés ? 

"Des éléments du Mujao [Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, l'un des groupes armés qui occupait depuis des mois le nord du Mali] se sont infiltrés en ville et nous sommes en train de les déloger", a déclaré à l'AFP une source malienne de sécurité.

En milieu d'après-midi, les tirs ont quasiment cessé autour du commissariat, mais ils ont repris ensuite au gouvernorat, à environ 800 m plus au sud-est, vers le fleuve Niger. Des militaires français patrouillaient au côté de soldats et gendarmes maliens, très nerveux. "Les effectifs islamistes infiltrés en ville ont été fortement réduits, il y a beaucoup d'islamistes tués", a déclaré le colonel Mamadou Sanake, de l'armée malienne, sans pouvoir donner de bilan plus précis.

L'armée craint-elle le risque d'attentats suicides ? 

Trois mines antipersonnel ont aussi été découvertes dans la zone, selon un militaire français, qui a précisé que l'armée allait les faire sauter dans une explosion contrôlée. Par ailleurs, cette attaque survient après deux attaques suicides perpétrés en deux jours dans la ville, sans faire toutefois de victimes parmi les militaires et les civils. 

Dimanche matin, un soldat malien a confirmé que l'explosion qui a secoué Gao dans la nuit a bien été provoquée par un attentat suicide. Un poste de contrôle à l'entrée nord de Gao avait déjà été visé vendredi, blessant un militaire malien. Depuis cette attaque,  revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, l'armée a notamment renforcé la sécurité

Aucun militaire malien n'a été atteint dans l'explosion, selon les soldats sur place. Mais la route menant vers le nord et les villes de Bourem et Kidal a été fermée. Samedi matin, deux jeunes portant des ceintures bourrées d'explosifs y ont été arrêtés à 20 kilomètres au nord de la ville.