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Mali : ce que l'on sait de l'attaque à la voiture piégée qui a visé un camp militaire à Gao

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente du pays.

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Des morts et des blessés sont évacués à Gao (Mali), le 18 janvier 2017, après l'attaque à la voiture piégée perpétrée dans un camp militaire. (AFP)

L'attaque visait un camp militaire à Gao. L'attentat à la voiture piégée, perpétré mercredi 18 janvier, dans la principale ville du nord du Mali, a fait au moins 60 morts et plus de 120 blessés, selon un bilan de l'ONU effectué à 18h30. Un précédent bilan faisait état d'une cinquantaine de morts.

Voici ce que l'on sait de cette attaque.

Comment l'attaque a-t-elle été perpétrée ?

"Un kamikaze est venu dans un véhicule et s'est fait exploser" vers 8h40 heure locale, selon une source militaire au sein de la Mission de l'ONU au Mali, la Minusma. L'explosion, très puissante, s'est produite pendant une séance d'entraînement des combattants, selon un témoin. Au total, cinq kamikazes ont perpétré l'attaque, a annoncé le gouvernement malien.

Le véhicule qui a servi à l'attaque était "aux couleurs du MOC" (Mécanisme opérationnel de coordination), chargé d'organiser ces patrouilles, a déclaré à l'AFP le colonel Diarran Koné, un porte-parole de l'armée malienne.

Qui sont les victimes ?

La plupart des victimes sont des combattants du camp militaire de Gao, qui abritait 600 personnes. Ces combattants appartiennent à la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), ou à des groupes armés pro-gouvernementaux.

Ils se préparaient pour des patrouilles mixtes, prévues par l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés. Les patrouilles mixtes sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire. Des militaires maliens doivent également les rejoindre.

L'attentat a-t-il été revendiqué ?

Oui. Le groupe du jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a revendiqué l'attaque. L'organisation Al Mourabitoune identifie l'auteur de l'attaque comme "Abdelhadi al-Foulani", ce qui indique son appartenance à l'ethnie peule, dans un communiqué diffusé par l'agence mauritanienne Al-Akhbar, et SITE, centre américain de surveillance des sites jihadistes.

Ce groupe est à l'origine de plusieurs opérations terroristes qui visent des cibles militaires et civiles au Mali, ainsi que dans certains pays d'Afrique de l'Ouest.

Quelles sont les réactions ?

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours. Il doit s'exprimer à la télévision et à la radio à 20 heures, heure locale. Son ministre de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, doit, lui se rendre sur place.

De son côté, François Hollande a exprimé "toute sa solidarité au président Keita et à l'ensemble du peuple malien". Il a condamné l'attentat qui a frappé "les forces regroupées pour participer au processus de patrouilles mixtes dans le nord du pays". Il a aussi réaffirmé "le plein soutien de la France à la mise en œuvre des accords de paix et de réconciliation au Mali".

"Il y a un sens politique : empêcher que le processus de paix et de réconciliation se poursuive", a souligné, pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

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