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Des rebelles touareg et des islamistes s'emparent d'une ville stratégique du nord du Mali

Face à cette prise, la junte militaire, qui s'est emparée du pouvoir par un coup d'Etat le 22 mars, demande du soutien extérieur.

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France Télévisions
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Un soldat malien patrouille dans la ville de Kidal, dans le nord-est du Mali, en mai 2006. (KAMBOU SIA / AFP)

Ils revendiquaient de pouvoir lutter efficacement contre les Touareg. Ils en appellent maintenant à un soutien extérieur. Une semaine après leur coup d'Etat, les putschistes maliens qui ont pris le pouvoir le 22 mars à Bamako au motif qu'ils ne disposaient pas de moyens suffisants pour lutter contre les islamistes et les rebelles du nord du pays se trouvent dans une situation délicate, huit jours plus tard. Rien ne semble en effet arrêter l'offensive rebelle dans ces régions désertiques.

Reuters
 

Selon des témoins, des rebelles touareg et des groupes islamistes armés qui menaient un assaut sur Kidal, dans le nord-est du Mali, se sont emparés vendredi 30 mars de cette importante ville stratégique. "Les rebelles maîtrisent la situation, l'armée n'a pas résisté, a ainsi affirmé un enseignant à l'Agence France Presse. Hier [jeudi], ils ont lancé leur offensive. Ça s'est arrêté vers 20 heures, et ils ont repris ce matin et maîtrisé les deux camps militaires." Selon un autre fonctionnaire, "les gens d'Iyad [Ag Ghaly, chef du groupe armé islamiste Ansar Dine] sont entrés dans la ville. Ils nous ont dit : 'Circulez, n'ayez pas peur'. Ils disent aux civils 'Allah Akbar' et nous répondons 'Allah Akbar'".

Aqmi appuie les rebelles

Une source diplomatique africaine a, elle, expliqué que "c'est essentiellement le groupe Ansar Dine d'Iyad Ag Ghaly, appuyé par des combattants d'Aqmi [Al-Qaïda au Maghreb islamique], qui vient de prendre le contrôle de la ville de Kidal". Ansar Dine ("défenseur de l'islam") et le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, un autre mouvement rebelle, mais laïque) maintenaient la ville dans un étau depuis plusieurs jours. Ansar Dine vise l'instauration de la charia.

Menacée par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'un embargo diplomatique et financier si l'ordre constitutionnel ne revient pas d'ici à lundi, la junte constate, impuissante, la déconfiture. "Les rebelles continuent à agresser notre pays et à terroriser nos populations (...). La situation est à cette heure critique, notre armée a besoin du soutien des amis du Mali pour sauver les populations civiles et sauvegarder l'intégrité territoriale du Mali", a lancé le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, depuis son quartier général au camp militaire de Kati, près de Bamako. C'est de là qu'était partie la mutinerie qui a emporté le régime du président Amadou Toumani Touré le 22 mars.

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