Cameroun : le correspondant de RFI Ahmed Abba libéré après plus de deux ans en prison

Il était accusé de "blanchiment d'actes de terrorisme".

Ahmed Abba, correspondant de RFI, à Maroua (Cameroun). (Photo non datée fournie le 30 juillet 2016).
Ahmed Abba, correspondant de RFI, à Maroua (Cameroun). (Photo non datée fournie le 30 juillet 2016). (RFI / AFP)

Le correspondant de RFI en langue haoussa au Cameroun, Ahmed Abba, est sorti de prison, vendredi 22 décembre, après 29 mois de détention, a-t-on appris auprès de son avocat. "Ahmed Abba a quitté la prison de Yaoundé vers 21h15. Il est avec moi depuis sa sortie, il se porte bien", a déclaré à l'AFP son avocat Me Charles Tchoungang. Condamné en 2016 à dix ans de prison pour "blanchiment d'actes de terrorisme", Ahmed Abba a été acquitté jeudi de cette accusation par le tribunal militaire de Yaoundé, mais condamné à 24 mois de prison pour "non-dénonciation". Il était donc de fait libérable, après avoir passé 29 mois en préventive.

"Ahmed Abba n'a fait que son travail de journaliste"

Correspondant de RFI dans le nord du Cameroun, le journaliste camerounais avait été arrêté en juillet 2015 à Maroua (nord), où il couvrait la crise liée au groupe jihadiste nigérian Boko Haram. Il était soupçonné par les autorités camerounaises d'avoir collaboré avec le groupe jihadiste et de ne pas avoir partagé les informations qu'il détenait. Il avait été condamné en première instance en avril dernier à 10 ans de prison ferme, assortis d'une amende d'environ 85 000 euros par le tribunal militaire de Yaoundé pour "non-dénonciation d'actes de terrorisme et blanchiment d'actes de terrorisme".

Jeudi soir, la direction de RFI s'était dite "soulagée à la perspective de cette libération imminente permise par la justice camerounaise". Soulignant la "vacuité du dossier d'accusation", RFI avait réaffirmé "qu'en dépit de cette condamnation déjà soldée par les années passées en détention, Ahmed Abba n'a fait que son travail de journaliste".