Militaires morts au Mali : critiqué par l'armée après la publication de caricatures, le directeur de "Charlie Hebdo" défend son "esprit satirique"

Le journal a détourné cinq affiches d'une campagne de recrutement de l'armée de terre en ironisant sur la mort des treize militaires au Mali.

Le chef d\'état-major de l\'armée de terre, Thierry Burkhard, fait part sur Twitter de sa \"profonde indignation\" au sujet de caricatures de \"Charlie Hebdo\" représentant les treize militaires morts au mali, le 30 novembre 2019. 
Le chef d'état-major de l'armée de terre, Thierry Burkhard, fait part sur Twitter de sa "profonde indignation" au sujet de caricatures de "Charlie Hebdo" représentant les treize militaires morts au mali, le 30 novembre 2019.  (CHEF D'ETAT-MAJOR DE L'ARMEE DE TERRE / TWITTER)

"Notre journal se doit de rester fidèle à son esprit satirique, parfois provocateur". Le directeur de Charlie Hebdo a adressé une lettre au chef d'état-major de l'armée de terre, dimanche 1er décembre, pour s'expliquer sur la polémique liée à la publication sur son site de caricatures en lien avec la mort des treize soldats français au Mali.

A la veille de l'hommage national qui sera rendu aux militaires, lundi, Riss écrit aussi être "conscient de l'importance du travail effectué par les soldats français pour lutter contre le terrorisme", lui-même blessé en janvier 2015 lors de l'attaque menée dans les locaux de son journal.

"Qu'avons-nous donc fait pour mériter un tel mépris ?"

Ses dessins n'ont en tout cas pas fait rire les militaires. A commencer par le chef d'état-major de l'armée de terre, Thierry Burkhard. Sur Twitter, il a fait part samedi de sa "profonde indignation" et de son "incompréhension". Dans sa lettre adressée à Riss, le général évoque notamment "une peine immense qui m'envahit en pensant au nouveau chagrin que vous infligez à ces familles déjà dans la souffrance""Qu'avons-nous donc fait pour mériter un tel mépris ?" s'interroge-t-il également.

Le dessinateur Biche s'est emparé du sujet de l'opération Barkhane en détournant cinq affiches de recrutement avec une pointe d'antimilitarisme. "J'ai rejoint les rangs pour sortir du lot", indique l'un des dessins qui représente un cercueil enveloppé du drapeau tricolore, reprenant le slogan de l'armée de terre. Plusieurs responsables politiques, dont ce membre de Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan.