A quoi ressemblera la "mission pour la paix" au Mali ?

Le ministre des Affaires étrangères a dressé les contours de cette mission internationale, qui doit prendre le relais de l'armée française.

Un soldat français patrouille dans Gao (Mali), le 10 mars 2013.
Un soldat français patrouille dans Gao (Mali), le 10 mars 2013. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Comment les forces françaises vont-elles se désengager du Mali ? Devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, mardi 12 mars, Laurent Fabius s'est employé à répondre à cette épineuse question. S'il a assuré que "les troupes françaises n'ont pas vocation à rester éternellement au Mali", il a ajouté que la France continuera à y être présente "d'une manière ou d'une autre" à l'avenir.

Parmi les différentes hypothèses, celle de la mise en place par l'ONU d'une "opération de maintien de la paix" dans le pays tient la corde. Francetv info explique en quoi elle devrait consister.

Qu'est-ce que l'opération de maintien de la paix ?

Devant les députés, Laurent Fabius a expliqué le principe de cette opération. "Nous allons passer du cadre actuel (...) à un nouveau dispositif diplomatique, une opération de maintien de la paix, qui devrait probablement être votée au mois d'avril et appliquée deux mois plus tard, et qui sera chapeautée par l'ONU et financée par les Nations unies", a-t-il déclaré.

Ce dispositif sera certes "diplomatique", mais constituera aussi une "force de sécurisation" qui devra veiller à empêcher la résurgence d'une menace islamiste dans le pays, a indiqué le ministre. Elle devrait intégrer la Misma (Mission internationale de soutien au Mali), qui déploie déjà environ 6 300 soldats d'Afrique de l'Ouest et du Tchad sur le terrain, et "pourra être étendue à d'autres" pays, selon le ministre des Affaires étrangères. 
 
Selon un diplomate européen cité par l'AFP, d'autres unités africaines, notamment burundaises et mauritaniennes, pourraient rejoindre cette force. Selon lui, l'opération des Nations unies pourrait mobiliser au total jusqu'à 10 000 hommes.
 

Pourquoi cette solution a-t-elle les faveurs de Paris ?

Le passage à une force de paix de l'ONU au Mali est notamment motivé par des considérations financières. Jusqu'à présent, la France est très isolée dans son engagement militaire dans la guerre au Mali et en supporte la grande majorité des frais.

Des sources diplomatiques citées par l'AFP indiquent, en outre, que Paris assure aussi la majeure partie du financement du déploiement des troupes tchadiennes –quelque 2 000 hommes – au Mali. De quoi donner envie de passer le relais.

Une autre solution étudiée par la France serait de maintenir des forces militaires dans un pays proche du Mali pour seconder les troupes africaines en cas de besoin. La France dispose déjà de forces militaires permanentes au Sénégal. Un pays frontalier du Mali, mais qui se trouve loin du nord, fief des islamistes.