Le Malawi commence à prendre la main sur son épidémie de sida

Contaminés lors de séjours en Afrique du Sud où ils allaient chercher du travail, les ressortissants de dix pays d'Afrique australe ont propagé le sida dans toute la région. Particulièrement atteint, le Malawi commence à voir les premiers résultats de sa politique agressive contre la maladie.

Une femme et sa fille infectées par le VIH dans un centre de santé du Malawi.
Une femme et sa fille infectées par le VIH dans un centre de santé du Malawi. (MARCO LONGARI / AFP)
  
Le Malawi, petit pays du sud est africain, est confronté comme 9 de ses voisins d'Afrique australe et centrale, à savoir le Zimbabwe, la Zambie, l'Ouganda, l'Afrique du Sud, le Mozambique, le Kenya, la Tanzanie, le Nigeria et le Cameroun, a une grande épidémie de sida. Toute la population est susceptible d'être contaminée.

Des chiffres alarmants
A divers titres, le Malawi est l’emblème de la transmission du sida dans cette partie du monde. Pour 18 millions d’habitants,1 million de personnes vit avec le VIH, encore près de 36000 contaminations sont à déplorer par an et pas loin de 25000 décès sur la même période, plaçant ce pays en quasi champion du monde de la maladie.  La plupart des séropositifs et des malades sont concentrés dans les grands centres urbains.
 
Un travail de prévention et de soins efficace malgré tout
Pour autant, les vastes programmes mis en place depuis les années 10 commencent a réellement porter leur fruits. On constate un recul de 46% des contaminations, et 39% de décès en moins. Il n’en demeure pas moins, que l’épidémie de sida est généralisée et à maintenant largement touché les femmes dans des rapports hétérosexuels. La mise sous traitement anti rétroviraux de 71% des adultes et de 63% des enfants déjà contaminés n’y est pas pour rien. Désormais 90% des personnes malades se savent atteintes, 79% d’entre elles sont sous traitement et pour 87% de ces dernières, la charge virale a disparu. 

Thyolo au Malawi. Cet homme collecte les piluliers vides des habitants de son village. Il s\'apprête à faire 3h de route à pied pour aller au centre de santé se réapprovisionner en médicaments antirétroviraux, le 27 novembre 2014.  
Thyolo au Malawi. Cet homme collecte les piluliers vides des habitants de son village. Il s'apprête à faire 3h de route à pied pour aller au centre de santé se réapprovisionner en médicaments antirétroviraux, le 27 novembre 2014.   (MARCO LONGARI / AFP)

 
Le cas particuliers des jeunes
Les adolescents ont été contaminés de différentes façons, soit à la naissance où leur mère infectée leur a transmis le virus, soit lors de rapports non protégés, soit pour certains pays comme le malawi, lors de pratiques ancestrales désastreuses
Le principal objectif de toutes les instances de santé nationales et internationales, c’est de dépister et soigner les jeunes atteints, sachant que le diagnostic provoque l’ostracisations et la mise au ban du malade, beaucoup ne se évitent de se préoccuper de leur sérologie, avec les dégâts que l’on peut imaginer lors de relations sexuelles non-protégées. Près de 25% des personnes qui font commerce de leur corps sont touchées, comme 17% des hommes homosexuels.
 
Les ONG sur le terrain
Les ONG participent à l’effort de jugulation et d’éradication du virus. Médecins sans Frontières par exemple, cible les jeunes dans leurs centres de santé, veillant à ce que les adolescents prennent régulièrement leurs traitements, mais aussi à la prise en charge psychologique de jeunes dont les parents sont justement morts du sida ou de maladies opportunes et qui se retrouvent seuls, et qui plus est mis à l’écart dans leur famille d’accueil du fait de leur maladie ou séropositivité. De fait, 20% des jeunes seraient atteints de dépression, d'où l'importance du travail d'écoute de ces organisations.  
Il existe aussi l’initiative de «Prevention, Positive Living and Empowerment initiative» (initiative pour la prévention, la vie positive et l’autonomisation), plus connue sous le nom «APPLE», un projet soutenu par la Commission européenne, qui s'est fixé entre autres missions d'organiser une formation axée sur l'ensemble d'une communauté en matière de réduction des préjugés afin de renforcer la capacité de réponse des communautés locales à l’épidémie. 

Autant de d'initiatives et d'actions qui commencent à porter leurs fruits, avec une nette régression d'une maladie qui touche les forces vives du pays.