Madagascar: mariées, mères et... mineures

A Madagascar, le mariage et les grossesses précoces des jeunes filles sont de véritables problèmes contre lesquels le gouvernement essaye de lutter. Ahmet Izgi a photographié certaines de ces jeunes mères avec leur enfant.

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Sandra Mahafaly, 13 ans et son fils. Dans la Grande Ile, la sexualité précoce des jeunes filles est un véritable problème de santé publique car les maladies sexuellement transmissibles explosent chez les adolescentes. Le ministère de l’Education nationale précise qu’un tiers des jeunes filles ont des rapports sexuels dès l’âge de 13 ans. En 2016, le gouvernement a instauré dans les écoles une sensibilisation à ces problèmes. Mais la sexualité reste un sujet tabou dans la population. Beaucoup de parents d'élèves s’opposent à ces programmes. AHMET IZGI / ANADOLU /AFP
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Christiana Volamena, 15 ans et son enfant. De plus, très peu d’adolescentes utilisent des méthodes contraceptives. Un peu moins de 8%. Elles sont nombreuses à tomber enceintes et à devoir se marier. Si officiellement le mariage des mineures est interdit, suite à une loi votée en 2007, il est d’autant plus difficile de lutter contre ces mariages précoces, car ils font partie de la tradition malgache. Un tiers des filles sont mariées avant leur majorité. Et à l’est de Madagascar, une région particulièrement pauvre, il n’est pas rare de voir certaines d’entre elles se marier dès l’âge de 12 ans. AHMET IZGI / ANADOLU /AFP
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Falisioa Harisota 16 ans et son fils. L’autre grand problème de cette sexualité précoce est que 30% des mineures de l’île ont un enfant. Un chiffre qui peut monter à 50% dans certains quartiers de la capitale. Selon un classement du World Atlas 2015, ces grossesses précoces classent le pays en 13e position des pays ayant un taux de prévalence de grossesse précoce le plus élevé au monde. AHMET IZGI / ANADOLU /AFP
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Mamy  17 ans et Fianantonta. Une fois enceintes, beaucoup d'adolescentes arrêtent d’aller à l'école. Plus de la moitié de ces filles-mères sont analphabètes. Un tiers seulement finissent l’école primaire et 12% obtiennent le niveau secondaire. Cela les éloigne définitivement du marché du travail et contribue à les laisser dans la pauvreté. AHMET IZGI / ANADOLU /AFP
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Malagasy Njaka Ikandrina et son fils. Ces grossesses précoces, souvent non désirées, sont également un vecteur de risques très important pour la santé des nourrissons. Et les mères ne sont pas épargnées. Il s’agit d’une des premières causes de mortalité maternelle et néonatale à Madagascar. AHMET IZGI / ANADOLU /AFP