Libye: Seif al-Islam Kadhafi fait annoncer à Moscou sa candidature à la présidentielle

Le fis de l'ancien guide de la Jamahirya libyenne, Seif al-Islam Kadhafi, tente de revenir sur la scène politique de son pays, via Moscou. Dans une lettre adressée aux autorités russes, il reconnaît son adhésion à la feuille de route de l'émissaire spécial de l'ONU et estime que la tenue d'élections est le seul moyen de sortir de la crise.

Recherché par la Cour pénale internationale, Seif al-Islam Kadhafi fait le signe de la victoire devant des partisans et des journalistes à Tripoli aux premières heures du 23 août 2011.
Recherché par la Cour pénale internationale, Seif al-Islam Kadhafi fait le signe de la victoire devant des partisans et des journalistes à Tripoli aux premières heures du 23 août 2011. (DARIO LOPEZ-MILLS / POOL)

En visite le 4 décembre 2018 à Moscou, deux représentants du bureau politique de Seif al-Islam Kadhafi ont rencontré Mikhaïl Bogdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères et envoyé spécial du président Poutine pour l'Afrique.

Selon le site arabe en ligne Elaph, par ce geste, le fils cadet de l'ancien dirigeant de la Jamahirya libyenne noue des contacts avec la présidence russe, dans le but de jouer un rôle politique lors de la période à venir dans le pays, notamment par une plus que probable candidature aux prochaines élections générales.

Seif al-Islam soutient la feuille de route de l'ONU

Dans un entretien accordé au site Russia Today en arabe, l'un des membres de la délégation a révélé avoir remis un courrier de son "patron" au ministère russe des affaires étrangères, dans lequel il expose son point de vue pour une résolution de la crise libyenne.

Selon Mohamed al-Kaïlouchi, dans sa lettre, Seif al-Islam réaffirme son adhésion à la dernière feuille de route présentée par l'émissaire spécial de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé.

"Il soutient la tenue d'une conférence nationale de tous les Libyens sans exclusion, loin de toutes interférences extérieures", a ajouté al-Kaïlouchi estimant que les initiatives française et italienne étaient inopérantes.

L'homme qui a rencontré longuement Mikhaïl Bogdanov, a souligné également la nécessité d'une réconciliation nationale et affirmé que "des élections étaient le seul moyen de sortir de l'impasse".

De son côté, l'autre membre de la délégation libyenne, Mohamed al-Ghadi, a indiqué à l'agence officielle Sputnik que Seif al-Islam n'avait pas encore fait officiellement acte de candidature à la présidentielle. "Ni à un quelconque autre poste politique, en raison de la non publication de la loi électorale et du fait que les conditions pour se présenter n'étaient pas encore connues", a ajouté cet ancien ministre de Mouammar Kadhafi..

Toutefois, le journaliste libyen Bassem Al-Soul, parlant au nom de la famille du dirigeant déchu, s'est montré beaucoup plus affirmatif.

Il n'y a aucun doute sur la candidature de l'ingénieur Seif al-Islam au poste de présidentBassem al-SoulElaph

"C'est un fait sur et certain sur lequel il n'y a pas de débat possible", a-t-il déclaré à la presse russe.

Une perspective confirmée par Khaled al-Ghouwail, l'avocat du fils Kadhafi, qui a affirmé que "Seif al-Islam sera inscrit sur les listes dès que celles-ci seront ouvertes. Le peuple libyen a le droit de choisir", a-t-il commenté.

Lors d'une rencontre avec la presse russe, Al-Ghouwail en a profité pour déplorer l'insistance de la Cour pénale internationale (CPI) à poursuivre son client "qui a été jugé et acquitté par la justice libyenne"

Il s'est même étonné que la CPI, qui agit "sans légalité internationale" , selon lui, "ne poursuive pas ceux qui se sont rendus coupables de crime contre le peuple libyen et de destruction de ses biens".

Incarcéré à la prison de Zintan depuis la chute du régime de son père en 2011, Seif al-Islam a été libéré en juin 2017 sans réapparaître depuis en public. Toutefois, ses proches ont toujours dit qu'il serait candidat à la présidentielle quand une date sera arrêtée, "au printemps ou ou premier semestre 2019", selon Mohamed al-Kaïlouchi.