Témoignage Inondations en Libye : "C'est à cause de la corruption", accuse un rescapé de la catastrophe

La colère monte à Derna. Les habitants demandent des comptes aux autorités. Ils ont appelé lundi à "une enquête rapide et à des actions légales contre les responsables de la catastrophe".
Article rédigé par franceinfo
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"Tous les points de repère de la ville de Derna ont disparu", témoigne un rescapé des inondations à Derna (Lybie). (MAHMUD TURKIA / AFP)

"Aucun mot ne peut décrire ce moment : ces deux, trois heures d'inondations. J'ai vu la mort, en personne", raconte Atiyah Alhasadi, un jeune Libyen qui habite à Derna. Sa famille a survécu, mais pas ses voisins.

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Tous sont morts à la suite des inondations qui ont tout emporté dans cette ville côtière, après la rupture de deux barrages sous la pression des pluies torrentielles déversées par la tempête Daniel le 10 septembre.

"J'avais l'impression d'être au milieu de l'océan, submergé par les vagues."

Atiyah Alhasadi, un jeune Libyen de Derna

à franceinfo

Des inondations monstres dont le nombre de victimes se monte à 3 300 morts, selon le dernier bilan officiel provisoire. Mais en raison du très grand nombre de disparus, le bilan final pourrait être beaucoup plus lourd.

"Une situation en dessous de zéro"

Plus d'une semaine après, Atiyah Alhasadi le précise, la ville ne ressemble en rien à celle qu'il connaissait. "Tous les points de repères de la ville de Derna ont disparu. Les vieux bâtiments, les routes..., même la cascade de la vallée de Derna est détruite ! En fait, j'ai l'impression d'être dans une autre ville. C'est tout le visage de la ville qui a changé". 

Mais, estime Atiyah Alhasadi, si la situation à Derna est si catastrophique, ce n'est pas uniquement à cause des inondations. "C'est à cause de la corruption, accuse-t-il. Même avant, il n'y avait pas de services. C'est pour ça que, même quand les internationaux envoient de l'aide, ils voient une situation en dessous de zéro. Il n'y a aucun soin de santé dans cette ville". Si les autorités avaient averti, si elles avaient évacué la population par crainte de la montée des eaux au lieu d'envoyer des messages contradictoires, insiste cet habitant, alors des milliers de vies auraient pu être sauvées.

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